Entretien avec Jean-Jacques Thous, 45 ans de réussite dans le secteur de la construction

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Jean-Jacques Thous

Comment vous définiriez-vous après quarante-cinq ans passés dans le secteur de la construction ? 

Je suis un autodidacte qui a démarré très tôt, dans les années 70, avec uniquement en poche un CAP de métreur obtenu au Lycée Technique Régional du Bâtiment et des Travaux Publics Saint Lambert à Paris. Mon parcours est totalement atypique puisque j’ai évolué sans avoir de diplôme d’ingénieur.

Racontez-nous votre parcours

J’ai véritablement débuté ma carrière en 1976 en intégrant l’entreprise Léon Grosse. Tout d’abord comme technicien études de prix. Puis en 1978, Monsieur Léon Grosse décidant de développer le marché de la région parisienne en créant une agence me proposa de prendre la responsabilité technico-commerciale de celle-ci. Le développement de l’agence fût rapide. Au milieu des années 1980, j’évoluais vers le poste de directeur commercial de l’entreprise. Monsieur Léon Grosse représente mon père spirituel, celui qui m’a donné ma chance. Je lui en serai toujours reconnaissant.

En 1989, j’ai décidé de quitter le nid afin de donner une autre dimension à ma carrière. J’ai alors intégré le groupe Bouygues, nommé aujourd’hui Bouygues construction, en tant que Directeur Commercial. Ma mission était de développer l’entité “construction publique”. Mes premières grandes affaires sur lesquelles j’ai oeuvré ont été le Musée du Louvre et le stade Charlety. Je suis arrivé au moment où la région Ile de France lançait son programme de rénovation de lycées, ce qui m’a permis de décrocher les contrats et de travailler sur une quarantaine de lycées jusqu’en 2012. J’ai également décroché et travaillé sur des logements sociaux et privés, ainsi que des équipements publics. Mes interlocuteurs étaient par exemples les collectivités locales, le Conseil Général du Val de Marne, les communes d’Aubervilliers, Genevilliers, la Courneuve, Drancy, Clamart, Rueil-Malmaison…
Avec tout ceci, j’ai appris à très bien connaître les rouages de la construction sur la région Ile de France, de gérer de belles affaires (une centaine de millions d’euros de CA/an), entouré d’une équipe d’une dizaine de personnes. J’ai appris à collaborer avec des architectes et des bureaux d’études avec lesquels j’ai développé une relation suivie sur une vingtaine d’années. Je peux citer par exemples les architectes AMELLER et DUBOIS, LEHOUX PHILY SAMAHA, Malisan, Buron. Les cabinets d’études INCET, CET, EPDC.

Comment avez-vous vu évoluer le secteur de la construction ?

Les années 2000 ont changé beaucoup de choses avec l’arrivée d’internet, le téléphone portable, notamment en management et gestion, et ont permis d’importants gains de productivité.
Et puis plus récemment l’intégration au bâti de la révolution énergétique qui a compliqué la construction et renchérit les coûts de construction. Nombreux sont ceux qui se plaignent et décident de trouver des solutions avec des ingénieurs afin de minimiser les coûts de construction. C’est ainsi que nous allons vers le BIM, un système de maquette 3D permettant de modéliser l’ensemble des systèmes constructifs en vue d’éviter les interfaces entre les architectes, les bureaux d’études et les entreprises.


Avez-vous des conseils à partager avec les jeunes qui démarrent aujourd’hui ?

Je dirais aux jeunes que le secteur de la construction est un secteur dynamique. En France nous avons toujours beaucoup construit et nous continuerons à beaucoup construire. De fait, la France est très forte pour s’exporter à l’international. Je conseillerais aux jeunes avant tout d’être et de toujours rester dynamiques, humbles et fidèles afin de se forger un réseau qui soit durable. Le secteur de la construction est un tout petit milieu où les gens se connaissent et se reconnaissent, il est ainsi capital de bien se comporter pour avancer.

Où en êtes-vous aujourd’hui après un plan de carrière réussi ?

Je pourrais être à la retraite depuis plusieurs années. Cependant la passion de mon métier me pousse à former et conseiller les jeunes, et à poursuivre mon activité commerciale notamment avec le groupe Demathieu Bard. Cette fois dans le cadre de ma propre société 2 JTconsultant.

Les anciens ont toujours beaucoup à partager avec les plus jeunes, car ils ont la mémoire et le recul.

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3 commentaires

  1. Naji SALAMÉ dit

    J’ai le plaisir de travailler avec Jean-Jacques depuis plus de 20 ans maintenant.
    C’est un homme passionné par son métier et un professionnel de qualité. http://www.incet.fr

  2. Jacques Dubois dit

    Ah, l’humilité, qualité qui n’est pas toujours le maître-mot dans le domaine de l’architecture et du bâtiment, où l’invention du fil à couper le beurre est un sujet de fierté récurrent ! De cette humilité, Jean-Jacques n’en est pas avare ce qui est sans doute en relation directe avec le parcours atypique qu’il évoque. Elle rend les échanges avec lui toujours fluides et empathiques, ce qui ne nuit pas au plaisir de le croiser sur nos activités parfois communes ! Quant à la passion de nos métiers, qui ne le quitte pas, elle lui donne une grande qualité d’écoute, qui là-aussi est une caractéristique plutôt rare ! La seule question qui vaille dans ce portrait fidèle au bonhomme : s’il est assez ancien dans le circuit pour conseiller les plus jeunes, sa passion juvénile lui promet encore de belles années! http://www.ameller-dubois.fr

  3. gilles lehoux dit

    Je lis sur ce site un portrait honnête et sensible , d un homme que je connais bien .
    Bienveillant et constant dans sa relation , Jean Jacques a croisé notre chemin , il y a quelques années !
    Il appartient à la catégorie , si rare , des gens qui résolvent les problèmes . Ce portrait le caractérise bien , et met en évidence son empathie .
    http://www.lehoux.phily.samaha.fr

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