La Révolution des journalistes

27 juillet 1830

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La scène, emblématique, se déroule le 27 juillet 1830, dans la matinée, au fond d’une cour de la rue de Richelieu. Là sont les bureaux et les ateliers du Temps, feuille d’opposition libérale née en octobre de l’année précédente.

Un commissaire de police se présente pour exécuter un arrêté du préfet de police qui enjoint de “mettre hors service” les presses des quotidiens parus à l’aube sans autorisation. Mais il trouve la porte close et, dressé devant elle, un rédacteur à la stature imposante.

Cet homme s’appelle Jean-Jacques Baude, et il est rédacteur du journal. Le policier s’est adjoint un serrurier. Devant la foule qui commence à se rassembler, Baude, invoquant la supériorité de la loi sur un texte administratif, lit d’une voix de stentor l’article du Code pénal qui punit des travaux forcés le vol par effraction. Terrorisé, l’ouvrier s’enfuit, sous les acclamations du public. Il faut six longues heures pour que l’un de ses confrères réquisitionné force enfin la porte.

La rue est envahie par une population indignée, dont les cris et les lazzis prennent à chaque instant un caractère plus séditieux. L’émeute est en marche à Paris, et bientôt la révolution qui, au terme des Trois Glorieuses, les 27-28 et 29 juillet, va conduire au renversement du trône du roi de France et de Navarre Charles X, et à l’avènement de Louis-Philippe.

Quelques mois plus tard, Jean-Jacques Baude, le vaillant journaliste de la rue de Richelieu, sera nommé préfet de police par Louis-Philippe : symbole ambigu, comme la suite le montrera.

Source ; Flammarion

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