by Valérie Desforges

Interview de Michel Dupré, excellent professionnel de la mode et du cinéma

#fashion #photo #video #mannequin #tourisme

0

 

Bonjour Michel, nous avons collaboré dans le secteur du Tourisme avec succès à l’époque où vous étiez fondateur et bloggeur de Fashion is Dead. Ce qui est intéressant dans votre profil, c’est que même les personnes proches de vous ne connaissent pas l’ensemble de votre parcours extraordinairement riche. Vous êtes de nature passionnée. Enfant par la lecture et le sport. Adulte, par la mode et le cinéma, sans oublier les voyages qui accompagnent votre parcours.

DE MON ENFANCE
Je suis né à Amsterdam, j’ai vécu mon enfance à Arles, mon adolescence entre Toulouse et Nîmes puis je suis parti à Paris afin d’y suivre mes études supérieures.
Enfant, j’ai eu la chance d’avoir reçu une éducation culturelle assez soutenue. Mes parents m’ont inscrit à des cours de dessin, de théâtre et de danse. A l’école, je pris goût à la lecture au point que celle-ci devint une passion dévorante ! Je lisais tout ce qui me tombait sous la main, du roman aux livres d’art, d’histoire, de techniques, prolongeant le plaisir la nuit où je lisais en cachette avec une lampe de poche ! Me rêvant futur chercheur ou inventeur… décrypteur des rongo rongo de l’ile de Pâques, égyptologue comme Champollion, le premier à déchiffrer les hiéroglyphes. D’ailleurs à cette période ayant trouvé une traduction sommaire et simplifiée des hiéroglyphes sur un Science et Vie junior je commençais à écrire mon journal intime en hiéroglyphes afin que mes parents ne puissent me lire… ils en parlent encore. Je pratiquais aussi le judo afin de développer le dépassement de soi. Et le football pour l’aspect collectif.
C’est avec le sport que j’ai appris une équation :  Travail/entrainement = résultat

A MA VIE D’ADULTE
Toutes ces expériences ont été la ” base” de mon développement en tant qu’adulte. Passionné ensuite par la mode j’ai suivi des études dans le textile à Nîmes. Parallèlement, je me faisais la main chez un tailleur espagnol spécialisé dans les costumes de scènes hispaniques. Participant à de nombreux concours de mode dans la région, je finis par rencontrer une dame originale qui à la vue de mes dessins me donna la chance de réaliser ” mon premier défilé de mode » lors d’un événement prestigieux. C’était un peu inconscient de sa part car je n’était clairement pas prêt techniquement pour ce genre de chose, j’avais seulement 18 ans… Cependant je me jetais corps et âme dans cette expérience travaillant nuit et jour avec l’aide de ma grand-mère et de mon arrière grand-mère, qui avaient un très bon niveau de couture, ainsi que de professeurs. Cette expérience se déroula très bien, le défilé eu un beau succès. Ce qui ajouta une base supplémentaire à mon développement et expérience où « tout est possible » du moment que l’on est extrêmement opiniâtre et bien entouré. Ayant vite compris que la mode telle que je l’envisageais ne pourrait se vivre qu’a Paris, je partis poursuivre mes études dans deux écoles privées réputées. Esmod, structure au sein de laquelle j’ai appris l’aspect ” industriel ” du métier de styliste et de modéliste ainsi que le Studio Berçot petite structure dirigée par sa directrice Marie Ruquie aux méthodes peu orthodoxes mais efficaces. Ecole où j’ai appris à comprendre le côté ” pointu ” de la mode, à décrypter les tendances. Finalement, bien plus qu’une formation de styliste modéliste je fus formé a la direction artistique et à développer un certain regard sur la mode et l’art autant pour l’analyse que la création/conception.

J’avais envie de monter ma marque ! Je me suis donc logiquement orienté vers des expériences professionnelles à différents postes chez des grandes maisons de couture (Givenchy, Paco Rabanne). J’ai assisté de jeunes créateurs en vogue ce qui m’a permis de cerner l’ensemble du process de création, de production, de communication et de rentabilité d’une maison de mode. A cette époque, pour un peu que l’on sache à quelle porte « frapper », ce milieu permettait une belle transversalité d’expérience. J’ai pu par tranche de 6 mois bosser dans la production/ création / communication et marketing produit. Par la suite avec une amie proche, Christelle Santabarbara, nous avons créé notre « maison » de mode conceptuelle et avant-gardiste : Dupré Santabarbara. Malgré nos faibles moyens de départ Dupré Santabarbara a remporté un franc succès d’estime. Nous avons notamment remporté le grand prix de la ville de Paris en prêt-à-porter créateur, et avons reçu une bourse d’encouragement du groupe LVMH . Nous avons été aussi officiellement invités au calendrier officiel des défilés de haute couture parrainé par la Maison Jean-Paul Gaulthier.  Et il n’y a pas un magazine de mode qui compte dans le monde qui n’ait pas parlé de nos défilés/happenings haute couture ou présenté une de nos créations dans un éditorial, et ceci sans que nous soyons annonceurs. On avait vite compris que nous n’avions pas les moyens suffisants pour rendre pérenne une ligne de prêt à porter de luxe qui déclinerait notre style conceptuel et avant-gardiste vers un style plus abordable pour une clientèle de masse. Il nous fallait donc un investisseur. En attendant, afin de subvenir à nos besoins et aux besoins de développement de notre marque, nous avons parallèlement travaillé en partenariat ou cobranding avec des marques comme Dim, Goyard, Le Printemps, Petit Bateaux, Levi’s ou géré la direction artistique/la production de défilés et de happenings pour des entreprises dans le secteur du luxe en France et à l’étranger.

De mon coté, j’ai exercé en parallèle le métier de styliste photo et directeur artistique pour des publicités et des séries de photos de mode pour différents magazines en tant que freelance ou intégré. Apres 8 ans de cette vie « effrénée » et la difficulté à trouver un investisseur sérieux susceptibles de poser une somme à 6 zéros afin de développer sérieusement notre marque, mon amie associée et moi même avons décidé de mettre cette aventure en stand-by. En fait, nous avons senti le « vent tourner » et le changement d’époque qui s’opérait avec l’arrivée d’internet, la quasi obligation d’être annonceur pour avoir des parutions dans les magazines et donc pouvoir récupérer des partenariats, des sponsors et faire parler de nos créations. Le temps nous a donné raison puisque la majorité si ce ne sont tous les créateurs en vogue de cette période se sont « désintégrés «  quelques années après avec perte et fracas financiers y compris certaines grandes maisons historiques. Nous avions eu la chance de développer avec succès notre créativité, de vivre des aventures incroyables pour passer doucement à autre chose.
Par la suite, j’ai été nommé Directeur d’une agence de mannequins au passé prestigieux mais tombée en désuétude. Ma mission était essentiellement stratégique : moderniser et remettre sur pied la structure en deux ans. En parallèle, un ami qui possédait une entreprise de fabrication de site internet me sollicita avec insistance afin que je monte un magazine de mode.  Je n’était pas très « chaud » au vu des moyens mis à ma disposition. Mais quelques mois plus tard, voyant le phénomène du « blogging » arriver (à une époque ou les attachées de presse hésitaient encore un peu à faire confiance à ces nouveaux medias) je recontactais cet ami et lui proposais non pas de monter un  magazine « classique »  mais un magazine en ligne qui regrouperait différents blogueurs ultra spécialisés dans les domaines de l’art et de la mode. Mon concept était simple : plus il y aurait de « bloggeurs » plus il y aurait de lecteurs. Une puissance de frappe pertinente. Je fondais alors The Fashion is dead magazine. Avec un ton décalé, un équivalent du Vice magazine, mais en un peu plus chic. Le magazine fut une réussite. En tant que bloggeur, j’ai fait de beaux voyages (photos/vidéos) avec notamment Innovation Norway, Czech Tourism…

Après toutes ces expériences, j’ai eu une période d’introspection. Je repartis sur les chemins de l’école afin d’approfondir mes connaissances en matière de photos et de vidéos. En vue de me concentrer désormais uniquement à la « fabrication de l’image fixe et animée ». J’ai donc suivi plusieurs formations en photo et en audiovisuel puis assisté des chefs opérateurs et photographes de renom notamment au studio Rouchon. Je refusai alors les jobs et « nouveaux défis » que mon ancien réseau de mode et connaissances me proposaient afin de rester focus et de ne pas me disperser intellectuellement. Ce fut une période délicate financièrement et socialement puisque je coupais les ponts momentanément avec mon ancien réseau professionnel afin d’éviter les tentations… mais ce fut payant au niveau de mon apprentissage.

Trois ans après le lancement de mon entreprise de photographie, de réalisation, de direction photo et de montage vidéo, je décolle. Mes premiers travaux pour des clients associés à mon sérieux ont entrainé un bouche à oreille qui m’amena de plus en plus de travail. Et c’est ainsi que 6 ans après m’être lancé dans la photo et la vidéo, j’ai pu acquérir une des Rolls des cameras cinématographiques qui me permet de faire des images incroyables et de valoriser encore plus les travaux que je réalise pour mes clients.

AVEZ-VOUS DES PROJETS ?
Je suis en formation permanente ! Artistiquement afin d’affiner ma vision et ma culture de l’image ce qui constitue une recherche sans fin ni limite. Techniquement aussi car l’évolution technologique m’oblige à faire une veille permanente sur les nouveautés et de me former… J’y consacre en moyenne deux heures par jour.
Mon souhait est de devenir toujours meilleur dans mon métier et de décrocher des contrats toujours plus importants et gratifiants. Que ce soit sur le plan artistique, intellectuel et financier.

VOTRE METIER VOUS PERMET DE RENCONTRER DES CELEBRITES, COMMENT LE VIVEZ-VOUS ?
J’ai la chance de rencontrer de nombreuses personnalités et de grands noms de la mode et du cinéma en effet. Quoiqu’il en soit, la starification des gens n’est pas un critère de valeur pour moi sauf dans un contexte de communication bien sûr.
Ce qui m’intéresse, ce sont les créateurs, les défricheurs de génie, les inventeurs, les concepteurs, les stratèges..

UN DERNIER MOT
Je suis passionné par l’évolution de l’Intelligence Artificielle et  l’automatisation des taches dans notre société, qui seront je pense les clefs de notre avenir. Pour finir, je pense qu’il faut profiter pleinement de la vie qui nous est offerte pour se réaliser, au maximum de ses capacités et de ses envies.

Je suis en cours de réalisation de mon site web micheldupre.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.