by Valérie Desforges

Gérard VALLE s’exprime suite à l’article “Sondage – Les français et l’écologie”

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Le 5 septembre 2019, Miss Konfidentielle publiait l’article Sondage – Les français et l’écologie : Amazonie, pesticides, zéro déchets… qui a suscité de nombreuses réactions dont celle de Gérard VALLE. Miss Konfidentielle a choisi de vous inviter à lire sa réaction. 

” Bonjour Valérie, Bonjour à toutes et à tous,

Valérie ! La lecture de votre article et ma réflexion qui a suivi m’amènent à y apporter une modeste contribution. Je n’interviens pas dans le cadre de ma profession, de mon « métier » ou de mes connaissances à ce titre, mais seulement au motif de mon engagement très ancien et personnel dans les sujets fonciers et majeurs qui, à mon sens, intéressent l’Humanité et son devenir. Entendez ici, les sujets de notre « biotope », de nos milieux de vie, soit notre planète. La Terre, notre nourrice au sein de laquelle nous nous alimentons et puisons toutes les énergies ou sources d’énergies dont nous avons créé le besoin.

Votre article de synthèse, Valérie, nous donne des chiffres, du concret, des données issues d’études basées sur les mathématiques, science analytique, rigoureuse, stricte. Cependant, notre vie d’humains est-elle réellement dirigée par la logique, le Cartésianisme, l’analyse ? Autrement dit, par les données chiffrées, comptabilisées, par des « volumes »… desquels nous dégagerions une « tendance » majoritaire en vue de déterminer la ou les « orientation(s)» d’une masse plus globale.

Dans un premier temps, je souhaite digresser en formulant dix concepts personnels pour dresser le contexte et les contours de ma « plage de philosophie » :

  • L’Humain, cet arrière, arrière petit-fils d’Homo-Sapiens mâtiné de Néandertal, l’Homme…. de nos jours, plus pragmatique se préoccupe – enfin – de l’empreinte qu’il laisse sur la « boule bleue ».
  • Voici quelques milliards d’années qu’elle tourne (merci Galilée) cette planète qui nous voit évoluer, bâtir, construire, édifier… mais aussi exploiter, nous entre-tuer, détruire, jeter, gaspiller et même anéantir.
  • Nous avons, Humains, des facultés intellectuelles, un esprit fortement cognitif, la capacité de conceptualiser. Nous n’avons eu cesse que de nous développer, accroître notre « densité » repousser les limites de notre vie, vaincre ou surmonter les maladies, nous en prémunir, dominer les éléments, dompter la Nature. Nous GÉRONS, DIRIGEONS, MAÎTRISONS. Que de progrès depuis les grottes du Magdalénien, la découverte du feu, la chasse et la cueillette, de Sapiens !  Nous n’avons toutefois pas dépassé l’ère du “Poubéllien” tertiaire en ce qui concerne la gestion de nos déchets !
  • L’économie et l’industrie (deux inventions de notre Civilisation) sont, par définition, consommatrices voire dispendieuses en ressources et en énergies.  Elles sont aussi deux « moteurs » de notre développement, de notre créativité, de notre commerce, de notre forme de vie « all is  business ».
  • L’écologie, que l’on érige au rang de science, est une conceptualisation humaine, hétérogène et protéiforme, des milieux de vie environnant notre « espèce » (eau, terre, air) et de la biodiversité (espèces animales et végétales qui nous entourent, deviennent nos commensaux, non sans risques…).  Par définition dame Ecologie est vertueuse, protectrice, voire salvatrice. Elle n’est pas pour autant indépendante et détachée de nos modes de vie, d’évolution, de la science, de nos déplacements et transports et, si l’on accepte de la conjuguer avec les autres contingences de notre civilisation, doit être un modérateur, un régulateur mais non un frein ! Or, force est de constater que les deux entités sont souvent en opposition, voire antagonistes, par leurs essences et intérêts distincts. Je gagerais cependant qu’une compatibilité  et même une complémentarité existent, selon un mode bien spécifique, actuel.
  • La Vie (humaine…), de quoi s’agit-il ? Nous parlons ici de « concret », le concept, la philosophie, n’ont pas droit de cité.  La vie est un « instant », une « temporalité », qu’on l’accepte ou pas… Chacun de nous rejoint un jour ses aïeux.
  • La Vie (de la Terre, notre planète), qu’est-ce ? Ici, aussi, du concret…. C’est dirais-je, un « élément » de la galaxie, de notre Voie Lactée, un « cadre » protéiforme ayant connu la naissance d’espèces animales, végétales co-existantes, contraintes de  cohabiter malgré leurs différences et leurs antagonismes ou oppositions viscérales (cf. la chaîne alimentaire et le rapport « prédateur / prédaté »).  C’est cela, la Vie !
  • L’Evolution, de quoi parlons nous par ce terme ? « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »  (Lavoisier…. Oui, mais pas que : Anaxagore)
  • Le « jour du dépassement » : pour le millésime 2019, il a été « fixé » au 29 juillet. Il s’agit du jour où nous avons consommé les ressources que nous (humains) tirons de mère Terre et qu’elle est capable de générer en une année de notre système. Comment sont obtenues les données conduisant à cette affirmation ?  Je ne sais pas et n’ai pas cherché à le savoir car cela n’a pas de rapport direct avec l’idée maîtresse de mon écrit.
  • La Politique, en général et en particulier. Ce sont des concepts d’idées, d’idéaux même selon lesquels (en France) sont élus et placés au Pouvoir, des représentants (directs ou indirects) du Peuple afin de tracer les lignes de l’administration du pays dans ses fondamentaux.  Le spectre politique est aussi vaste que le sont les systèmes de vie humains qui participent à la vie des résidents/occupants d’un pays et aux relations protéiformes entres Etats, fût-ce au seul niveau Européen, ou bien, -et nous y sommes- au niveau mondial.

L’élection aux postes de responsabilité, nécessite l’adhésion (le vote) d’une majorité électorale qui s’obtient par les campagnes éponymes (électorales) dont chacun peut se faire une opinion, personnelle, tout étant affaire de « ressenti » et de « sensibilité ». Une connaissance de l’Histoire et une culture politique permettent d’approfondir l’analyse des sujets évoqués. Elles apportent un recul permettant la maîtrise de l’antériorité, du « passé ».

Une autre « notion » que je souhaite aborder ; non des moindres, est le « mental » de l’Humain. Nous sommes pétris d’affects ; nous sommes grégaires, faits pour vivre en « groupe », en « meute » si je fais un parallèle certes hasardeux (mais non moins intentionnel) avec Canis Lupus, le Loup… cet animal qui ancestralement était source de peur. La peur, ce sentiment si prégnant qui nous fait vaciller, perdre conscience, craindre de mourir. Il est inscrit dans notre histoire ; il y a été répandu, instillé, répété, inculqué, etc.  Qui n’a pas entendu parler du Petit chaperon rouge ?  

Je laisse chacun méditer sur l’usage, le bénéfice que l’on peut présumer obtenir de personnes ressentant la peur, chez lesquelles on la suscite, ne serait-ce qu’en subodorant…. Bon nombre d’entre nous connaissent  PAVLOL (Ivan, Prix Nobel) et son « stimulus conditionné, réflexe conditionné ».  Je n’irai pas plus avant dans le Béhaviorisme.

Tout ceci pour vous dire que nos sentiments, nos ressentis, nos postures intellectuelles, mentales, sont, selon mon « analyse personnelle », pour partie issus de l’inné et pour autre de l’acquis, de l’enseignement, du conditionnement, voire…..

Voilà, je cesse ; le « décor » est planté ! Pas d’acte UN, pas d’acte DEUX, juste une SCÈNE : mes réflexions, mes « idées », mon apport spontané à l’article de Valérie DESFORGES.

Au travers des 10 concepts que j’ai évoqué supra, j’ai voulu vous conduire, chers lecteurs, à aborder globalement par une réflexion dans la durée, une méditation, une lente « digestion ». Notre époque, notre histoire, notre XXIème siècle et ses questionnements actuels et futurs. Les concepts d’économie et d’écologie sont par nature antagonistes, opposés. Si on les considère selon une vision réduite, contrainte, le consensus ne saurait exister…. ou bien nous ne serions pas capables de le faire naître ?

Si les chiffres, les pourcentages, les « données arithmétiques », issus d’un sondage qui  repose sur un questionnement précis d’un échantillon, sont pris en compte dans la politique globale en tant que tels, ils ne refléteront jamais qu’une frange d’opinion qui a répondu sans détenir une  connaissance approfondie de l’entier contexte du sujet sur lequel elle est interrogée.  Il en est ainsi en toute matière dont celles de la transition écologique, de la sauvegarde de notre planète (si tant est que notre action puisse empêcher son évolution qui reste, malgré toute notre science, inconnue….).

Je ne jette nullement le discrédit sur le sondage évoqué par Valérie, loin s’en faut, et même au contraire. Il reflète l’opinion des français interrogés sur les sujets précis évoqués. Il nous donne un « point de situation » à l’instant T. A tout le moins permet-il d’être une référence dans l’évocation d’une posture des français de diverses générations, permettant de jauger leur inclinaison aux changements ou à certains.  

Posons-nous de « bonnes » questions. C’est dans le rassemblement, dans la cohésion, que tous ensemble, nous devons nous questionner :

  • Quoi ? quoi faire pour interférer dans les prédictions de difficultés majeures pour notre planète, son climat, sa biodiversité, notre civilisation, notre « espèce » l’Homme, l’Humanité…
  • Comment ? comportements individuels versus comportements globaux, politiques…
  • Par qui ? citoyens, structures économiques, industrielles, commerciales, transports, hommes et femmes politiques et partenaires…
  • Quand ? je ne citerai que l’un de nos anciens Présidents de la République : « notre maison brûle et….. » – Jacques CHIRAC

Pour conclure ce long écrit,  j’ai envie de vous dire que l’écologie (par le biais de la transition écologique) ne doit pas donner naissance à une nouvelle source d’économie, de profits, d’industrie, de productions, soit un nouveau système productiviste pourvoyeur de richesse, de P.I.B… de croissance ! Elle doit être efficiente et proactive, préparant notre avenir commun et celui des générations à venir.  Elle doit être une composante majeure du paradigme nouveau, de cette nouvelle orientation de vie, plus égalitaire, moins dispendieuse que l’on sent désirer par beaucoup. 

De fait, les translations, les modifications des comportements individuels, doivent être possibles et rendues possibles par des leviers politiques, fiscaux, locaux, sociaux, industriels, etc. adaptés et mesurés.  Le coût des transformations et changements auxquels les citoyens seront appelés ne doit pas obérer leur capacité financière à vivre, consommer, et épargner, afin de participer valablement à la transition plus globale de notre « monde » vers ce « nouveau paradigme » que tant d’auteurs appellent de leurs voix.

Merci Valérie, libératrice, incitatrice, influenceuse, de l’expression publique, conduisant à la prise de parole des anonymes, des « sans-grade » comme moi. Vous excellez dans vos credo et vos actes. ” Gérard VALLE

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