Le 11 mars 2026 se tenait sur la base aérienne 702 (BA) d’Avord « Capitaine Georges Madon » commandée par le colonel Xavier Rival, un bel événement, l’hommage rendu à Henry Bouquillard et aux 30 autres Compagnons de la Libération.
Cette journée, présidée par le chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace (CEMAAE) Jérôme Bellanger, était dédiée à la jeunesse, aux familles des Compagnons présents et aux militaires du site d’Avord. Elle s’est achevée par une cérémonie d’envergure, marquée par la présence du général Thierry Burkhard, délégué national de l’ordre de la Libération.
Cette date marque les 85 ans du décès de Henry Bouquillard, Nivernais d’origine et premier aviateur membre du Conseil de l’ordre de la Libération. Tombé au combat lors de la bataille d’Angleterre, il était le « Père Bouqui » pour ses camarades Compagnons. Cette figure emblématique a alors été le point d’ancrage d’un événement d’ampleur pour la base aérienne d’Avord, intitulé Les Compagnons d’Avord. À son nom s’est ajouté celui de 30 autres Compagnons de la libération.
Ils viennent de toute la France : Ardèche, Lorraine, Nièvre, Vendée, Île-de-France, Puy-de-Dôme ou Haute-Saône. Provenant de tous les milieux sociaux, ils présentent des parcours et des âges variés. Certains atteignent leurs vingt ans à l’armistice, tandis que d’autres sont déjà porteurs de l’expérience de la Première Guerre mondiale. Tous incarnent la diversité de la nation française et partagent deux points communs essentiels : l’engagement et un passage par le camp d’Avord. C’est là qu’ils deviennent pilotes ou observateurs, s’y forment comme officiers ou sous-officiers, apprennent à voler, à commander et à transmettre.

Cérémonie d’hommage à Henry BOUQUILLARD et aux 30 autres Compagnons de la Libération @ Armée de l’Air et de l’Espace
LA JEUNESSE AU CŒUR DE CET ÉVÈNEMENT
Conçu comme un temps fort fédérateur à la BA702, l’événement Les Compagnons d’Avord a été pensé pour articuler mémoire, jeunesse et engagement autour d’une même ambition.
La transmission de l’héritage des Compagnons de la Libération afin de raviver les forces morales et renforcer la cohésion face aux défis à venir. Sa construction a reposé sur un fil conducteur clair : inscrire l’engagement d’hier dans la préparation de demain.
Le premier pilier, dédié à la jeunesse, a visé à faire vivre concrètement cet héritage.
Les classes de défense et de sécurité globale ont été associées à une immersion sur le site historique du camp d’Avord, à une conférence sur les Compagnons de la Libération passés par ce camp et à des échanges avec les familles de ces derniers. Les équipiers des escadrilles air jeunesse (EAJ), quant à eux, ont occupé une place centrale dans la cérémonie nocturne, incarnant la continuité entre générations.

Le CEMAAE, le général d’armée aérienne Jérôme BELLANGER @ Armée de l’Air et de l’Espace
HONORER LA MÉMOIRE ET PERPÉTUER L’ENGAGEMENT
En présence des familles de neuf Compagnons passés par Avord, dont celle de Henry Bouquillard, René Mouchotte ou encore Louis Ferrant, le deuxième pilier mémor
iel s’est tout d’abord appuyé sur l’inauguration d’une stèle et un parcours retraçant l’engagement des Compagnons.
C’est ensuite à la tombée de la nuit que la lumière apparaît, en souvenir des heures sombres que vivait la France. Aux couleurs de l’ordre de la Libération, la base s’illumine à la lueur des drapeaux et des Rafale de l’escadron de chasse 3/30 « Lorraine », mis à l’honneur comme le régiment de chasse 2/30 « Normandie-Niémen » et le 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine. Les sections des militaires de la BA s’éclairent ainsi lors de la revue des troupes menée par le général d’armée aérienne Jérôme Bellanger. Dans son ordre du jour, il nous rappellera notre devoir de mémoire : « Ils sont tombés pour la libération de la France. À nous le devoir de faire en sorte qu’ils ne tombent pas dans l’oubli. » La croix de Lorraine s’illumine alors et 31 équipiers des EAJ, âgés de 12 à 19 ans, s’avancent à la lueur de bougies en chantant Le Chant des partisans.
La dimension commémorative a été pensée comme un moment à la fois solennel et marquant, associant les unités Air, héritières de l’ordre de la Libération et médaillées de la Résistance, autour d’une mise en lumière scénographiée et symbolique forte. Cette cérémonie s’est voulue porteuse de sens et fédératrice, afin que chaque militaire, que chaque équipier et que chaque invité se rappelle que parfois il faut « savoir risquer pour réussir », tel que l’écrivait René Mouchotte dans ses carnets.
Plus qu’une commémoration, cette journée du 11 mars 2026 affirme une volonté : faire de la mémoire une force vivante, capable d’inspirer, de rassembler et de préparer dès aujourd’hui les engagements de demain.




