Nous sommes le lundi de Pâques. Une journée qui rassemble nombre de familles et je vous partage la Lettre touchante que je reçois de Murielle FIERD-BAVOUX BIRGEL, une maman engagée pour son fils, et pour les citoyens puisque Murielle est aussi policière. Nous avons fais connaissance à Strasbourg et j’avais apprécié nos échanges de qualité.
« Bonjour Miss Konfidentielle,
Nous avions fait connaissance à l’occasion de la journée de sensibilisation sur l’autisme, le 02 avril 2021. Nous étions alors dans les démarches de diagnostique pour mon fils. Puis nous avions repris contact l’année suivante lorsque nous avions eu confirmation du trouble du spectre autistique par le centre de ressources autisme.
Je profite de cette date anniversaire pour te donner des nouvelles de la famille, et plus particulièrement des siennes. Ces dernières années ont été marquées par de gros progrès, des doutes aussi parfois, mais dans une réelle constance de vivre sa vie » comme tout le monde « .
J’ai évoqué avec lui cette lettre que je t’adresse aujourd’hui. Même si actuellement les médias ou les feuilletons télévisés parlent davantage de l’autisme et des TSA, et que je sens aussi une plus grande ouverture d’esprit dans la société, il préfère rester discret sur sa situation et garder son anonymat.
Je ne pense pas qu’il en ait honte. Contrairement à ce qu’il mentionnait dans sa première interview, le fait de ne jamais rien dire à ses amis à ce sujet, à présent, ils connaissent sa particularité. D’ailleurs, c’est lui-même qu’il l’a évoqué avec eux. À l’inverse de ce qu’il appréhendait, il n’a perdu aucun copain. D’ailleurs, personne n’a changé de comportement à son égard.
Sa discrétion est certainement de la pudeur et surtout la volonté d’avoir une vie ordinaire sans être marqué par une étiquette.
Le temps a passé tellement vite. J’ai l’impression que ses années de lycée étaient hier.
Par quoi commencer ?
Peut-être par te dire que je suis fière des étapes qu’il a franchies.
Il a décroché son bac, puis dans la foulée, obtenu son permis de conduire. À l’instar de tous les jeunes adultes de son âge, le permis lui a donné sa liberté et son autonomie… et des inquiétudes pour moi, les mêmes que celles que j’ai pu avoir lorsque ses frères aînés ont passé le leur.
Au lycée, contrairement au collège, il a vraiment été soutenu par la CPE et par ses profs. Nous avons rencontré beaucoup de bienveillance de la part de l’équipe enseignante.
Puis la Maison des Personnes Handicapées (MDPH) lui a accordé le statut de Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé. Je reconnais avoir ressenti un soulagement à ce moment-là, ne plus me battre pour que sa » personnalité atypique » soit reconnue. Enfin !!
Après le bac, il est parti à une centaine de kilomètres pour un BTS. Il est resté un mois dans le lycée, l’internat était une épreuve trop difficile pour lui.
Ensuite, il s’est inscrit dans une école en ligne. Suivre ses cours seul derrière un ordinateur était pesant pour lui, au fond, il a un besoin d’interactions sociales pour s’épanouir.
Au cours de sa scolarité, il a effectué plusieurs stages qu’il a tous appréciés. Ses tuteurs ont tous souligné son autonomie, la qualité de son travail et sa capacité à chercher des solutions par lui-même.
Au vu de ces expériences positives, il a décidé d’effectuer son BTS Services Informatiques aux Organisations par le biais de l’alternance.
Il est admis dans une école à partir de la rentrée prochaine. Lors de son entretien, il a mentionné son TSA au directeur. Il lui a dit que pour lui » c’est une qualité « . Très belle acceptation de ce trait de personnalité.
Toutefois, le contexte actuel se révèle particulièrement difficile dans le cadre d’une recherche de poste malgré ses nombreuses candidatures, qu’il s’agisse de réponses à des offres ou de candidatures spontanées.
Il a pris l’initiative de participer à deux forums de l’alternance dans deux départements différents.
On connaît peu ces évènements. Pourtant ce sont de véritables outils de mise en relation. Ils permettent d’échanger directement avec des recruteurs, de nouer un premier contact avec les entreprises, de mieux comprendre la réalité du terrain. C’est une manière plus interactive d’appréhender le monde du travail.
Il a fait le choix de mener ses démarches sans mentionner son handicap. Il souhaite que son profil soit jugé sur ses compétences et sa motivation.
A l’heure où je t’écris, il n’a pas encore trouvé de structure d’accueil pour son alternance.
Voilà pour les dernières actualités ! J’ai un garçon qui rencontre les mêmes joies, et les mêmes obstacles dans son orientation que la majorité des jeunes gens de son âge.
Je suis régulièrement tes interviews et je constate que tu les réalises toujours avec autant de passion.
J’aimerais beaucoup te revoir, pourquoi pas lors d’une venue dans ma région ?
Je te dis à bientôt, et au plaisir d’avoir de tes nouvelles. »
Avec joie Murielle !
Je souhaite le meilleur à ton garçon. Une structure d’accueil pour son alternance sera une formidable nouvelle à partager.
Et te remercie pour ton travail au service des citoyens dans la belle région de Strasbourg.

Murielle Fierd-Bavoux Birgel, Police municipale de Strasbourg (Alsace) © Murielle Fierd-Bavoux Birgel
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