Le président du Conseil européen António Costa a convié les Vingt-Sept à une session extraordinaire consacrée à la crise avec les États-Unis autour du Groenland dimanche 18 janvier 2026.
La veille, Donald Trump avait menacé d’imposer de nouveaux droits de douane à plusieurs pays européens, dont la France.
Un sommet doit être convoqué “dans les prochains jours”, a déclaré le président du Conseil européen, António Costa, dimanche 18 janvier sur X.
Prévue jeudi 22 janvier 2026 à partir de 19 heures à Bruxelles, la réunion portera sur la situation au Groenland, au cœur d’un regain de tension transatlantique.
Dans son message, António Costa a réitéré le “ferme engagement » des Vingt-Sept « sur les principes du droit international, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale » ainsi que leur « soutien et solidarité avec le Danemark et le Groenland ». Il a également évoqué « l’évaluation partagée selon laquelle les droits de douane compromettraient les relations transatlantiques et sont incompatibles avec l’accord commercial UE–États-Unis ».
Dimanche soir, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a elle aussi affiché une attitude résolue. « Ensemble, nous tenons fermement notre engagement de défendre la souveraineté du Groenland et du Royaume du Danemark », a-t-elle insisté, après des échanges avec plusieurs dirigeants européens.
Washington durcit le ton
Depuis début janvier, Donald Trump intensifie la pression autour de son projet d’annexion du Groenland. Dans ce contexte, plusieurs pays européens dont la France ont déployé en fin de semaine dernière des troupes sur l’île, dans le cadre d’une mission de reconnaissance menée sous l’égide de l’Otan.
Samedi 17 janvier, le milliardaire a menacé d’imposer à huit pays une surtaxe de 10 % sur leurs exportations vers les États-Unis dès le 1er février, pouvant grimper à 25 % au 1er juin, « jusqu’à ce qu’un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland ». « Le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande se sont rendus au Groenland dans un but inconnu […]. Ces pays, qui se livrent à ce jeu très dangereux, ont pris un risque inacceptable », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
“Le président estime qu’il n’est pas possible de renforcer la sécurité sans que le Groenland fasse partie des États-Unis”, a complété dimanche le secrétaire américain au Trésor, Steve Bessent, sur NBC. « Les Européens projettent une image de faiblesse, tandis que les États-Unis projettent une image de force », a-t-il ajouté.
Quelle riposte européenne ?
Réunis dimanche à Bruxelles, les ambassadeurs des 27 ont demandé à la Commission européenne d’« explorer toutes les options disponibles » pour répondre à la pression américaine.
Deux pistes sont sur la table. La première consiste en la réactivation d’un paquet de contre-mesures tarifaires, suspendues depuis juillet, portant sur 93 milliards d’euros de produits américains.
L’autre est l’instrument anti-coercition (IAC), qui permet depuis 2023 de déployer un éventail de mesures allant du relèvement des droits de douane au blocage d’investissements étrangers. « Emmanuel Macron demandera l’activation de l’instrument anti-coercition” en cas de nouveaux tarifs douaniers sur les produits exportés aux États-Unis, a confirmé son entourage hier.
Les responsables européens semblent pour le moment privilégier le dialogue avec l’administration américaine. Des échanges devraient notamment avoir lieu cette semaine en marge du Forum économique de Davos, où sont attendus Donald Trump, la présidente de la Commission européenne, le secrétaire général de l’Otan et plusieurs dirigeants européens.
La bio de António Costa
Avocat de formation, António Costa a occupé de nombreuses fonctions politiques au Portugal. Membre du Parti socialiste, il est élu député en 1991, puis entre au gouvernement en 1995 où il sera ministre à plusieurs reprises. Après avoir été député européen quelques mois entre 2004 et 2005, il redevient ministre, puis s’empare de la mairie de Lisbonne en 2007. Il la quittera en 2015 pour endosser le rôle de Premier ministre pendant plus de huit ans. Depuis le 1er décembre 2024, il préside le Conseil européen.
Un remerciement à touteleurope.eu pour les informations.




