Les autorités invoquent des objectifs de sécurité nationale.
Le système électronique pour les autorisations de voyage (ESTA), requis pour les voyageurs entrant aux États-Unis sans visa, comprend désormais de nouveaux champs. Les demandeurs doivent notamment indiquer les identifiants de réseaux sociaux utilisés au cours des cinq dernières années.
L’ESTA autorise des séjours pouvant aller jusqu’à 90 jours, pour un coût d’environ quarante dollars (34 €). Les évolutions annoncées concernent les ressortissants de nombreux pays participant au programme, notamment les Français, les Allemands et les Britanniques.
Des vérifications extensives pour garantir la sécurité nationale.
Publié en décembre 2025, le texte à l’origine du renforcement de ces contrôles s’inscrit dans la lignée d’un durcissement des contrôles migratoires. Pour la première fois dans l’histoire récente des politiques américaines, les médias sociaux sont considérés comme des « éléments obligatoires de données » pour une demande d’autorisation de séjour.
Au-delà des réseaux sociaux, les autorités demandent également de renseigner les numéros de téléphone utilisés au cours des cinq dernières années, ainsi que les adresses électroniques utilisées au cours des dix dernières. Le voyageur pourrait aussi avoir à fournir des informations sur des membres de sa famille (noms, numéro de téléphone, date et lieu de naissance, adresse de résidence). Les oublis et les erreurs pourraient être assimilés à de fausses déclarations et entraîner un refus d’entrée sur le territoire.
La mesure intervient alors que les États-Unis doivent accueillir, avec le Canada et le Mexique, la Coupe du monde de football en 2026. L’événement devrait attirer des centaines de milliers de supporters du monde entier, et les autorités en charge de la sécurité intérieure préparent une gestion plus stricte des flux de voyageurs. Les autorités présentent la collecte accrue de données comme un outil indispensable à la sécurité.
Dérives autoritaires et lourdeurs administratives
Désormais, le risque d’un refus d’autorisation fondé sur l’analyse de l’empreinte numérique des voyageurs pourrait devenir plus concret. La collecte de données et l’analyse algorithmique sont susceptibles d’identifier et de classer des profils en fonction d’opinions exprimées, d’affiliations politiques ou associatives, ou encore de la nature des interactions publiques en ligne. Ce qui ouvre la porte à des décisions motivées par l’interprétation, parfois opaque et subjective, de contenus numériques. Des questions restent en suspens sur les aspects techniques et sur l’ampleur exacte des vérifications effectuées.
Outre le coût financier, ces nouvelles démarches peuvent rallonger les procédures, augmenter les probabilités d’erreurs et d’oublis, et décourager certains voyageurs. La réglementation fait peser sur le demandeur une responsabilité très lourde quant à l’exactitude des informations fournies : une déclaration erronée pourrait, à long terme, compliquer de futures entrées aux États-Unis.
Depuis plusieurs mois, le secteur touristique américain pâtit déjà d’un recul de la fréquentation étrangère, refroidie par la politique migratoire du président républicain, Donald Trump. Son administration a également relevé le prix d’entrée de certains parcs nationaux pour les touristes étrangers, au nom de la « priorité aux Américains ». Ces nouvelles mesures pourraient avoir des conséquences économiques non négligeables.
Pour les curieux,
un complémentaire instructif : [Comparatif] UE/États-Unis : forces et faiblesses de deux géants économiques
Un remerciement à touteleurope.eu pour les sources d’information de qualité.




