Le saviez-vous ? Le 16 avril 2026, Gisèle Pelicot a reçu le Prix de la Liberté de vivre à l’abri de la peur à l’occasion de la cérémonie des Four Freedoms Awards.
Chaque année, à New York aux Etats-Unis, ou à Middlebourg aux Pays-Bas, se tiennent les Four Freedoms Awards (Prix des quatre libertés) de l’Institut Franklin et Eleanor Roosevelt.
Au cours de cette cérémonie, sont récompensés des femmes et des hommes dont les accomplissements ont démontré un engagement en faveur des principes et des libertés essentiels à la démocratie : la liberté d’expression, la liberté de religion, la liberté de vivre à l’abri du besoin et la liberté de vivre à l’abri de la peur. Ces quatre libertés sont tirées d’un discours du 6 janvier 1941, prononcé par l’ancien Président américain Franklin D. Roosevelt.
Les prix sont ainsi décernés chaque année à quatre personnes, chacune étant distinguée pour son engagement en faveur de l’une de ces libertés. À ces quatre récompenses s’ajoute une médaille de la liberté spéciale, décernée cette année à Volodymyr Zelensky et au peuple ukrainien, en hommage au combat qu’ils mènent depuis plus de quatre ans contre l’invasion de leur pays par la Russie.
En cette année 2026, comme chaque année paire, la cérémonie s’est tenue à Middlebourg, aux Pays-Bas. Catherine Feuillet, consule générale de France à Amsterdam, a eu l’honneur d’y être conviée afin d’assister à la remise du Prix de la liberté de vivre à l’abri de la peur à Madame Gisèle Pelicot.
Madame Pelicot, récompensée pour son combat contre les violences sexuelles et la soumission chimique, s’était illustrée en 2024 en refusant le huis clos lors du procès qui l’opposait à son ex-mari et aux autres hommes qui l’avaient violée, alors qu’elle était inconsciente, droguée par son mari.
Cette décision, à la fois puissante et courageuse, a marqué le monde entier. Gisèle Pelicot est ainsi devenue une figure incontournable du féminisme, et une icône mondiale de la lutte contre les violences faites aux femmes.
A Middlebourg, Madame Pelicot n’est pas seulement récompensée pour son courage exceptionnel, mais aussi pour la visibilité qu’elle a donnée à son histoire et pour le combat qu’elle continue de mener, avec détermination, au service de la lutte contre les violences sexuelles.
La médaille de la liberté de vivre à l’abri de la peur lui a été remise par Olcay Gulsen, militante féministe néerlandaise. Elle avait elle-même partagé son histoire personnelle et contribué à mettre en lumière la question des violences domestiques dans un documentaire intitulé « Olcay en huiselijk geweld » (Olcay et les violences domestiques). Elle est aussi, depuis 2020, ambassadrice nationale de la campagne « Orange the World » déployée par les Nations Unies et dont l’objectif est de réduire les inégalités de genre et de lutter contre les violences dans le monde entier.
Dans son discours, Madame Gisèle Pelicot a notamment dédié ce prix à toutes les personnes victimes de violences sexuelles et de genre.
Le réseau consulaire se mobilise contre les violences faites aux femmes
Partout dans le monde, les droits des femmes restent largement bafoués. Selon une enquête de l’ONU, en 2024, ils ont même reculé dans un pays sur quatre. L’enquête relève également qu’environ 736 millions de femmes dans le monde, soit une sur trois, ont été victimes au moins une fois dans leur vie de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint, ou de violences sexuelles de la part d’un autre agresseur.
Les femmes victimes de violences ressentent très souvent une profonde solitude face à ce qu’elles vivent. Elles éprouvent, la plupart du temps, de grandes difficultés à parler de leur situation et à saisir les autorités compétentes face à des faits pourtant punis par la loi.
Lorsqu’elles sont en situation d’expatriation, ces difficultés peuvent être renforcées par un mauvais accès à leurs droits et une méconnaissance du système judiciaire du pays d’accueil. Cette situation peut accentuer l’isolement déjà ressenti et, de surcroît, accroître le risque que les victimes soient enfermées dans une spirale de violences et de silence.
Le message délivré par Madame Pelicot lors de cette cérémonie fait écho aux missions et actions du Consulat général de France à Amsterdam en matière de lutte contre les violences faites aux femmes : même si elles se sentent isolées les victimes ne sont pas seules.
Le consulat se tient aux côtés de toutes les Françaises et de tous les Français victimes de violences aux Pays-Bas. Il écoute les victimes en toute confidentialité et déploie plusieurs dispositifs pour les orienter et les accompagner dans leurs démarches, notamment en matière d’accès aux soins et aux services sociaux. Il travaille en étroite collaboration avec le collectif « Stop violences conjugales aux Pays-Bas » qui apporte une première assistance juridique gratuite, anonyme et en français.
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Un remerciement à l’ambassade de France aux Pays-Bas pour les informations et les équipes du consultat pour leur travail.




