« Cette élection, c’est un tournant pour la magistrature » me dit ce dimanche 8 Février 2026 Béatrice BRUGÈRE, Secrétaire Générale et 1ère Vice-Procureure de Paris, et sur la liste du syndicat UNITÉ MAGISTRATS SNM FO aux Élections de la CAV du 06 au 12 février 2026. Je lui donne la parole afin de comprendre de quoi il s’agit.
Pourquoi l’élection à la commission d’avancement qui se tient du 06 au 12 février 2026 est-elle un moment si important pour les magistrats ?
Pour la première fois, la nouvelle CAV va accompagner la mise en œuvre de la réforme des grades et établir les tableaux d’avancement au deuxième grade et troisième grade dans un contexte institutionnel profondément renouvelé.
Ses décisions pèseront directement sur le rythme de nos carrières, la reconnaissance de nos compétences et la cohérence d’ensemble de la gestion du corps.
C’est un scrutin qui ne revient que tous les quatre ans et qui conditionne, très concrètement, la manière dont chaque magistrat pourra construire son parcours.
Renforcer cette commission, c’est donc façonner l’avenir de la justice et redonner de la fierté à nos missions.
« Nous avons déjà changé les règles du jeu »
Vous êtes candidate aux Élections de la CAV du 06 au 12 février 2026 au nom de UNITÉ MAGISTRATS. En quoi avez-vous concrètement fait avancer les choses ?
Nous avons obtenu la suppression des grands électeurs et du système à deux degrés pour l’élection de la CAV, afin que chaque magistrat puisse désigner directement ses représentants sur une liste nationale par un vote électronique.
Cette réforme de la loi organique met fin à un filtre qui éloignait les collègues des lieux de décision et elle permet une expression plus directe et plus lisible du corps.
Elle a, au passage, généré près de 300 000 euros d’économies pour l’institution, preuve qu’une réforme démocratique peut aussi être une réforme de bonne gestion. C’est un premier pas : nous revendiquons encore davantage d’égalité dans la représentation, selon le principe « un magistrat = une voix ».
« Le pluralisme, antidote à la connivence »
Vous faites du pluralisme un enjeu central de cette élection. Pourquoi ?
Une commission qui décide des carrières d’un corps entier ne peut être crédible si elle est accaparée par quelques sensibilités syndicales dont les convergences de vues sont manifestes.
Le pluralisme au sein de la CAV est la condition d’une gestion réellement transparente, discutée et contradictoire des avancements y compris pour ceux qui ne sont pas syndiqués.
Il permet de sortir d’une forme de connivence et de réaffirmer une éthique syndicale respectueuse des personnes, des désaccords et de la diversité des parcours. Voter pour UNITÉ MAGISTRATS, c’est refuser que la magistrature soit perçue comme partisane et affirmer qu’elle doit rester au-dessus des clivages.
« Un syndicalisme apolitique, réformiste et de résultats »
En quoi votre syndicalisme se distingue-t-il des autres organisations ?
UNITÉ MAGISTRATS SNM FO défend un syndicalisme libre de toute influence partisane, politique ou idéologique, dans la droite ligne de la Charte d’Amiens et de la tradition de FO.
En cela nous dérangeons beaucoup car il y a une difficulté dans le corps à penser de cette manière et c’est la raison pour laquelle certains pensent nous assigner une étiquette.
Nous mesurons la force d’un syndicat à sa capacité à dialoguer avec tous les ministres, pas à l’intensité de ses prises de position politique C’est cette neutralité qui nous a permis de porter des avancées concrètes : les 1 000 euros pour tous, obtenus sans pratiquer la politique de la chaise vide mais aussi sans se compromettre dans une cogestion que nous dénonçons, et l’alignement des grilles indiciaires des magistrats judiciaires sur celles des magistrats administratifs. Nous assumons un syndicalisme d’action et de résultats, qui protège sans diviser et revendique sans instrumentaliser.
« Pour une gestion plus démocratique et plus équitable du corps »
Quel est votre projet pour une gestion du corps plus démocratique et plus équitable ?
D’abord, démocratiser encore la gouvernance de la magistrature en fusionnant, à terme, le CSM et la CAV dans un véritable « Conseil supérieur de la Justice », démocratiquement élu et totalement indépendant du pouvoir en place, inspiré du modèle belge.
Ensuite, renforcer les garanties statutaires de tous, en particulier des magistrats du parquet, par l’inamovibilité et la suppression du lien hiérarchique avec le garde des Sceaux.
Nous voulons aussi une CAV attentive aux conditions d’égalité professionnelle, aux trajectoires de carrière, à la prise en compte des évaluations et à la prévention des risques psychosociaux, pour que l’avancement ne soit ni opaque, ni inéquitable. Une gestion plus démocratique du corps, c’est une justice plus exemplaire, plus solidaire et mieux armée pour affronter les critiques.
« Du 6 au 12 février, chaque voix compte »
Que dites-vous aux collègues au moment de voter ?
Je leur dis que cette élection est un moment essentiel de démocratie professionnelle et d’un renouveau à leur portée et que personne ne doit en être spectateur.
En choisissant la liste nationale UNITÉ MAGISTRATS SNM FO, ils donnent du poids à un syndicat qui a déjà prouvé qu’il pouvait obtenir des réformes utiles et bâtir une CAV plus indépendante, plus pluraliste et plus impartiale. Du 6 au 12 février 2026, chaque voix exprimée est une pierre posée pour une magistrature plus respectée, plus protégée et plus justement gérée.
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