Le 8 septembre 2026 – C’est la rentrée ! Et l’équipe de l’Opération « EXPERTS à l’École » est plus que jamais opérationnelle! Miss Konfidentielle suit l’évolution de l’opération avec attention et participe à son rayonnement avec enthousiasme.
Des articles qui permettent de prendre attache avec le sujet :
05 juillet 2024 – La Gendarmerie nationale au service de la jeunesse avec l’opération “EXPERTS A L’École” (Sciences à l’École)
Bonjour Régis, bonjour Guillaume, bonjour Jean-Yves. Je suis très heureuse de vous retrouver en cette rentrée scolaire et qui est aussi la rentrée de l’Opération « EXPERTS à l’École ».
Je propose de débuter l’entretien sur du factuel. Quelles sont les grandes avancées de l’Opération « EXPERTS à l’École » à retenir ?
Prise de parole de Régis : L’année scolaire écoulée a été marquée par le lancement d’un appel à candidatures national, le plus ambitieux depuis ceux proposés lors du lancement de l’opération « EXPERTS à l’École » en 2015. Près de 60 établissements scolaires y ont répondu en déposant un dossier décrivant précisément leur projet pédagogique construit autour de l’étude des enjeux et disciplines phares de la criminalistique au bénéfice des élèves.
Les 15 collèges et lycées qui ont été sélectionnés il y a un mois se verront remettre prochainement une mallette pédagogique contenant du matériel scientifique de pointe similaire à celui mis en œuvre par les gendarmes techniciens en identification criminelle : assortiment de sources de lumière colorée, lunettes filtrantes, poudres et pinceaux pour la révélation d’empreintes digitales, kit balistique avec pointeur laser pour l’étude de la trajectoire de balles, microscopes numériques avec éclairage en lumière blanche ou sous UV/IR pour l’observation de microtraces, entre autres. C’est ce matériel qui va permettre aux équipes enseignantes de structurer la partie expérimentale de leur projet articulé presque systématiquement autour du décryptage d’une scène de crime fictive installée au sein même de leur établissement scolaire.
Si quelques-unes des mallettes contiennent du matériel déjà utilisé par des établissements scolaires qui ont restitué l’équipement suite à l’arrêt des projets (le plus souvent suite à des mutations ou départs en retraite des enseignants), la plupart d’entre elles sont totalement neuves avec un coût – près de 5 000 € pour chaque mallette ! – supporté par « Sciences à l’École ». Ce nouveau déploiement particulièrement ambitieux, voulu par le directoire du dispositif pour soutenir la dynamique très forte autour de l’opération, a été rendu possible grâce notamment à l’engagement financier de ses tutelles ministérielles – éducation nationale / enseignement supérieur et recherche – et au soutien appuyé de la CASDEN Banque Populaire, partenaire de « Sciences à l’École » depuis 2019.
Prise de parole de Guillaume : Autre point important à souligner : pour la première fois dans le cadre d’un appel à candidatures, les projets déposés par les établissements scolaires ont été construits conjointement avec des d’unités de gendarmerie implantées dans leur proche secteur géographique. Cette dimension partenariale est au cœur des enjeux des projets mis en place dans les collèges et lycées. Elle permet aux élèves de rencontrer des gendarmes et de découvrir des missions et des métiers avec une large diversité d’unités mobilisées dans les départements : cellule d’identification criminelle (CIC), maison de protection des familles (MPF), brigade de gendarmerie des transports aériens (BGTA), communauté de brigades (COB), brigade territoriales autonomes (BTA), entre autres.
Le fil conducteur de toutes ces collaborations et des projets qu’elles soutiennent reste avant tout scientifique, centré sur la criminalistique, avec l’objectif pour les équipes enseignantes de proposer des contextes d’apprentissage renouvelés et particulièrement stimulants pour les élèves. Les rencontres entre gendarmes et militaires éclairent aussi leur parcours citoyen et contribuent remarquablement à renforcer le lien Armées – Nation par la sensibilisation au respect des Valeurs de la République qu’elles induisent. Et si l’objectif premier n’est pas de recruter de futurs gendarmes, on peut tout de même se réjouir que les projets et les échanges qu’ils permettent puissent nourrir la réflexion des jeunes sur leur orientation et susciter des vocations, scientifiques ou autres, au sein de la gendarmerie ou ailleurs.
C’est d’ailleurs une réflexion que nous avons été heureux de mener avec Chadia Boudarssa, cheffe du bureau jeunesse engagement et citoyenneté (BJEC) au sein du commandement de la gendarmerie pour les réserves et la jeunesse (CRJ) qui a soutenu et relayé cet appel à candidatures avec une attention particulière pour les nouvelles classes de défense et de sécurité globales (CDSG) qui vont ainsi pouvoir se mettre en place dans le cadre de l’opération « EXPERTS à l’École ».
Prise de parole de Régis : Le dispositif des CDSG, qui lie par convention un établissement scolaire à une unité relevant des forces de défense et de sécurité – de gendarmerie, spécifiquement pour l’opération « EXPERTS à l’École » – est pour nous un nouveau levier de rayonnement de l’opération dans les collèges et lycées. Il permet de mobiliser en complément des enseignements scientifiques et techniques, ceux notamment d’histoire-géographie – EMC pour une exploration transdisciplinaire des projets venant encourager l’innovation pédagogique et renforcer la cohésion entre équipes enseignantes.
Le collège Pierre Mendès-France de Chécy (Académie d’Orléans-Tours) était le premier établissement de notre réseau à s’inscrire dans cette dynamique en signant en mars 2025 une convention de partenariat avec la gendarmerie du Loiret dans le cadre d’un projet « EXPERTS à l’École ».
D’autres CDSG se sont depuis mises en place grâce à une vraie convergence de points de vue entre équipes de direction, enseignants et gendarmes qui a pu donner lieu à des collaborations inédites. Cela conduit parfois à des synergies très fortes comme c’est le cas au collège Jean Mermoz de Savigny-sur-Orge (Académie de Versailles), établissement en éducation prioritaire REP et Cité éducative. C’est Stéphane Fraioli, président de l’association des cadets de la gendarmerie de la région Île-de-France et colonel de la réserve citoyenne de la gendarmerie nationale au sein de la Région de gendarmerie Île-de-France mais également proviseur du lycée Léonard de Vinci de Melun (Académie de Créteil), qui a permis à cette CDSG de voir le jour au bénéfice d’élèves d’une classe de troisième.
Concrètement, comment cette collaboration entre « Sciences à l’École » et l’IRCGN s’illustre-t-elle auprès des élèves et enseignants des établissements du réseau « EXPERTS à l’École » ? Quelles en sont les dernières réalisations ?
Prise de parole de Guillaume : Un rendez-vous s’est vraiment installé dans la durée avec les collèges et lycées franciliens, dans lesquels on se rend chaque année pour rencontrer les élèves et échanger avec eux.
Régis se charge dans un premier temps de discuter avec les équipes enseignantes pour comprendre leurs attentes et travailler au contenu de l’intervention et aux modalités d’organisation. Puis nous en discutons ensemble pour répondre au mieux aux sollicitations des équipes enseignantes. C’est un vrai travail de coordination qui implique également les chefs d’établissements scolaires. Il est possible d’y répondre parce qu’à l’IRCGN un noyau dur d’une quinzaine d’experts y croie comme nous, et donne de son temps pour venir à la rencontre des jeunes, présenter leurs missions de gendarme scientifique, raconter leur vocation. Et créer du lien. Avec les jeunes.
Depuis la mise en place de cette action en 2022, près de 30 déplacements en établissements scolaires ont pu se mettre en place, mobilisant au total un peu plus de 1000 élèves franciliens. Le dernier en date a eu lieu le 20 mai à Saint-Denis à la Maison d’éducation de la Légion d’honneur où nous nous sommes rendus pour une journée d’activités criminalistiques mêlant conférence, investigation scientifique et ateliers pratiques avec une équipe de lycéennes particulièrement motivées et engagées.
Et pour maintenir autant que possible une continuité territoriale, on a proposé des visioconférences pour répondre au mieux aux demandes des équipes enseignantes en régions, lorsque nos disponibilités nous le permettent. Cela nous permet de préserver ce lien précieux partout et de faire tomber les barrières de la distance, même s’il est évidemment compliqué pour nous d’être présents partout. En cinq ans, nous avons tout de même participé à plus de 30 visioconférences qui nous ont conduits parfois très loin, jusqu’à Saint-Pierre et Miquelon !
Excellent! Au-delà des aspects pédagogiques en lien direct avec les élèves et les professeurs, nous recevons aussi des sollicitations pour faire rayonner l’opération « EXPERTS à l’École », expliquer quels en sont les enjeux et ambitions. Le 29 mai dernier, Régis et moi étions présents lors des Journées du Crime et de la Science à Pleumeur-Bodou sur le site du Pôle Phœnix ; un très bel évènement, auquel on participe pour la deuxième fois à l’invitation de Richard Marlet et Christine Poulmart de l’association Crime et Science. C’est un vrai plaisir de partager les avancées de l’opération avec le plus grand nombre et de rencontrer des experts en criminologie, des scientifiques, des personnalités, des professionnels, policiers et gendarmes, réunis en terre bretonne pour mettre en lumière l’interaction entre science et enquête criminelle.
Prise de parole de Régis : Et les élèves et leurs professeurs ne sont jamais loin… Cette année, le lycée Saint-Joseph Bossuet de Lannion qui s’était vu remettre la mallette pédagogique « EXPERTS à l’École » lors de la première édition était de retour. Les élèves assuraient devant le public une démonstration du matériel sur un stand aux côtés des autres exposants ; d’eux d’entre eux ont rejoint sur scène les enseignantes porteuses du projet, Nathalie Verdier et Corinne Boucheron, pour une présentation du travail qu’ils ont mené en collaboration avec le major Jean-Marie Fleurant de la cellule d’identification criminelle de Saint-Brieuc. Le colonel Emmanuel Chanon, commandant le groupement de gendarmerie départementale des Côtes d’Armor, qui avait signé la convention de partenariat CDSG avec l’établissement scolaire en octobre dernier, était également présent ; une très belle occasion pour le public présent de mesurer concrètement comment s’articule un projet en criminalistique mené pour et avec les élèves.
Hasard du calendrier, le même jour, un autre évènement mettait en lumière l’opération « EXPERTS à l’École »… En Lituanie ! Dans le cadre du festival européen Science on Stage réunissant près de 500 enseignants venus de toute l’Europe pour y présenter des projets remarquables, véritables moteurs de l’innovation pédagogique. Caroline Civallera, professeure de physique-chimie au collège Fersen d’Antibes (Académie de Nice), y présentait le projet qu’elle mène depuis un an avec la collaboration des gendarmes du centre national d’instruction nautique de la gendarmerie – le CNING à Antibes – et des gendarmes de la cellule d’identification criminelle de Nice. Une telle exposition vient aussi souligner le travail remarquable réalisé par l’école académique de la formation continue (EAFC) de Nice, qui avait rendu possible il y a deux ans un déploiement de l’opération « EXPERTS à l’École » d’une ampleur et d’une ambition inédites dans une académie.
Des excellentes nouvelles. Quelles sont les perspectives et prochaines échéances ?
Prise de parole de Guillaume : Le stage de formation scientifique que nous organisons au mois d’octobre prochain dans notre laboratoire de l’IRCGN à Cergy-Pontoise sera assurément un temps fort de l’opération. L’enjeu est de donner à la vingtaine d’enseignantes et enseignants stagiaires une formation aux enjeux et techniques de la criminalistique avec des clés de compréhension pertinentes qu’ils pourront utiliser directement avec leurs élèves dans la mise en œuvre des projets qu’ils construisent avec les unités de gendarmerie. Il s’agit pour nous de leur permettre d’acquérir un socle de connaissances solide – une véritable culture générale criminalistique – et aussi d’envisager des pistes d’utilisation du matériel de la mallette pédagogique. Ce stage de formation qui s’étalera sur trois jours mobilisera de nombreux experts au travers d’un parcours de visites de plusieurs départements et d’activités pratiques préparées et animées par nos experts. Cette formation sera complétée en amont par des webinaires également ouverts au public dès la rentrée scolaire de septembre 2026, suite directe des sessions distancielles organisées en 2024/2025.
Prise de parole de Régis : Ce stage de formation est très attendu par les équipes enseignantes ; c’est pour elles une occasion tout-à-fait exceptionnelle de rencontrer et d’échanger directement avec les experts de la gendarmerie scientifique au sein même de leur laboratoire. Il réunira des représentants des quinze collèges et lycées sélectionnés lors du dernier appel à candidatures ; mais aussi des enseignants d’établissements scolaires qui rejoignent l’opération sous statut de Membre associé : ce sont des établissements scolaires qui disposent d’un équipement similaire à celui de la mallette « EXPERTS à l’École », dont ils ont assuré le financement. Il s’agit d’un nouveau mode de déploiement lancé cette année, qui témoigne de la vitalité de l’opération et de l’intérêt croissant qu’elle génère auprès des enseignants.
Prise de parole de Guillaume : L’engouement que suscite déjà ce stage est à l’image de celui qu’on rencontre dans les classes au contact direct des élèves et de leurs professeurs. Nous poursuivons avec passion cette aventure avec Régis qui connaît depuis plusieurs années un succès auquel nous ne nous attendions pas. Notre motivation à œuvrer au profit de nos jeunes reste intacte. Outre l’aspect » stratégique » de la prise de conscience et de l’éveil culturel des élèves, les retours d’intérêt sur la criminalistique que nous observons dans les établissements scolaires sont réels. L’opération « EXPERTS à l’École » a de beaux jours devant elle, englobant également de façon plus pérenne les enjeux d’appartenance à la nation et de citoyenneté. La convergence de l’Éducation Nationale et de la Gendarmerie Nationale prend ici tout son sens dans ce projet.
Bonjour Jean-Yves, avec votre prise de recul, je vous invite à conclure l’entretien
Ainsi donc « Experts à l’École » continue de plus belle son opération partenariale entre deux institutions essentielles de la République, l’Éducation nationale et la Gendarmerie nationale grâce à ces rencontres aussi précieuses que fructueuses entre « mes collègues » et « mes camarades », où Régis Drexler et le LCL Guillaume Cognon sont les incarnations exemplaires de ceux-ci et de ceux-là, et je m’en réjouis. Oui, au moment où je vais quitter la responsabilité de « Sciences à l’École », je me réjouis d’avoir pu partager il y a une quinzaine d’années avec le général Jacques Hébrard la paternité de l’opération, grâce sans doute à cette situation unique qui était la mienne de lien entre ces deux mondes, magnifiques, j’ose le dire, quand on voit ce que leurs rencontres sont capables de faire, ensemble. Mais aussi dans leurs quotidiens propres, qui peuvent accéder au courage, dévouement, don de soi.
Comment dire à ce titre ce que « Experts » donne à voir dans ce que l’humanité comporte d’ascèse des valeurs essentielles de liberté, de sécurité, d’intérêt général et de respect de la vie ? La violence (crime, agression, vol,…) comme situation pédagogique d’accroche pour les jeunes, quelle idée ? C’est bien en fait parce que cette inhumanité ne cesse de croiser notre humanité, que les jeunes doivent l’aborder, en restant protégés, et comprendre que le respect de la vie et la vérité des faits passent par l’intelligence, la compétence notamment scientifique et technique, portées par des représentants régaliens de l’ordre public, investis de l’autorité de l’Etat et de la légitimité professionnelle : mes camarades. Et en tenue, armés parfois, au sein des établissements scolaires, où œuvrent mes collègues.
« Experts » porte l’humanité que l’on trouve dans la rencontre des autres, le partage des modes de pensée, la confrontation à un réel qu’il faut résoudre par la coopération des compétences. Comme le dit la directrice générale de l’enseignement scolaire, Caroline Pascal, dans son courrier du 22 mai 2025 au directeur général de la gendarmerie nationale, les gendarmes « offrent un appui considérable aux équipes pédagogiques et contribuent remarquablement à cette ambition commune qui anime la Gendarmerie nationale et l’éducation nationale : sensibiliser la jeunesse au respect des valeurs et principes de la république, au travers notamment de la pratique et de la réflexion scientifiques, en proposant des contextes d’apprentissage renouvelés susceptibles de faire éclore des vocations ».
Vocation, cela me conduit à ajouter un motif d’exemplarité et de modernité supplémentaire, grâce à la venue de gendarmes femmes dans les établissements, parfois en tenue et l’arme au côté, qui offre aux filles, aux enseignantes, mais aussi possiblement aux représentants de la gent masculine, l’exemple de ce que la féminité est capable d’offrir en termes d’exemplarité, de compétence, d’autorité et de force, tranquilles…
Toutes mes félicitations et encouragements à l’Opération « EXPERTS à l’École » qui ouvre des portes aux jeunes en quête d’un métier, d’une passion utile pour le bien public.
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