Le 18 Juin 2026 – Miss Konfidentielle a l’honneur et l’immense joie de vous présenter les missions, les actualités avant le 14 juillet 2026 et le parcours passionnant du gouverneur militaire de Paris (GMP) : le général de corps d’armée Loïc MIZON rencontré à l’hôtel des Invalides. J’arrive dans le bureau avec un superbe accueil.
Bonjour Miss Konfidentielle,
Je suis le général Loïc MIZON, le 140e gouverneur militaire de Paris, et je suis très heureux de vous accueillir dans ce bureau.
Vous pouvez voir autour de vous que ce bureau est un peu le résumé de ce qu’est la fonction de gouverneur militaire de Paris puisque vous avez derrière moi la figure tutélaire des Invalides. Le créateur, celui qui a, pour la première fois, l’intuition que l’État doit faire quelque chose pour ses vétérans, pour ses anciens combattants, et il dira dans ce testament que c’est sa plus belle œuvre. Donc, vous l’avez compris, je parle de Louis XIV qui décide de construire cet établissement en 1670, et dès 1674, on a les premiers Invalides qui arrivent. Derrière vous, vous avez la statue de Napoléon, le continuateur, celui qui distribue les premières Légions d’honneur, qui a parfaitement compris l’intérêt qu’il avait de s’inscrire dans ce geste étatique. Puis, derrière moi, vous avez le portrait du chef de l’État qui est là avec une triple fonction, de celui de président de la République bien évidemment, celui de chef des armées, et celui de protecteur de l’institution nationale des Invalides. Ce bureau me paraît assez bien résumer la fonction d’un gouverneur militaire de Paris qui est, au fond, assez peu connue. Le titre fait un peu ronflant, il y a un petit côté old school, peut-être un peu désuet même de ce titre, alors que c’est une mission au service de nos concitoyens, qui est très inscrite dans le temps présent, qui est très inscrite même dans le quotidien des Français, et je vais vous expliquer pourquoi.
Les missions du gouverneur militaire de Paris, quelles sont-elles ?
Tout d’abord, c’est une mission opérationnelle. Je suis un chef opérationnel qui commande des hommes sur le terrain, puisque je suis le patron de l’opération Sentinelle Ile de France que tout le monde connaît. Peut-être qu’aujourd’hui, ça devient un peu transparent au sens où quand on prend le métro le matin, quand on descend du train à Montparnasse ou à la gare Saint-Lazare, on ne fait plus vraiment attention à ces patrouilles de militaires.
C’est une vraie opération militaire au sens strict du terme, qui a été décidée après la triste année 2015 avec Charlie Hebdo d’une part, et le Bataclan d’autre part. Cette fonction opérationnelle est vraie depuis la création du poste. Le premier gouverneur militaire de Paris doit défendre la capitale contre les Anglais pendant la guerre de Cent Ans et à plusieurs reprises en 1870, 1914, 1940, mais mes prédécesseurs ont dû conduire de véritables opérations militaires. Évidemment, la figure la plus connue, c’est GALLIENI et l’épisode des Taxis de la Marne. On pourrait dire que c’est du roman national. Non, ce n’est pas du tout du roman national. C’est la réalité de la réflexion tactique d’un général qui comprend le mouvement des troupes allemandes et qui, en utilisant l’innovation de l’époque, c’est-à-dire les véhicules thermiques, se dit : « On va prendre tous les véhicules thermiques qui sont disponibles à Paris pour y mettre des soldats ». Ce miracle de la Marne nous ramène aujourd’hui à la réalité de la fonction militaire qui est de préparer la guerre de demain et pas de préparer la guerre d’hier. La figure de GALLIENI, je la trouve extrêmement moderne et pas du tout désuète. Ce rôle est opérationnel.
Ensuite, il y a un rôle qui est peut-être le plus connu, c’est celui de grand organisateur de toutes les cérémonies militaires sur la place parisienne. Il y en a de très, très nombreuses. Évidemment, la plus connue, c’est le 14 Juillet, puisque c’est le gouverneur militaire de Paris qui organise le défilé de la fête nationale, mais c’est aussi celui qui organise l’hommage national à l’ancien Premier ministre, Lionel JOSPIN. On apporte la contribution des armées à la prochaine panthéonisation de Marc Bloch le 23 juin, qui, je pense, est un moment important. L‘Étrange défaite écrit en 1940 par Marc BLOCH, est un livre qui taraude les militaires. C’est l’obsession de ne pas préparer la guerre d’hier, qui a été le drame de 1940, et qui est bien celui de préparer la guerre de demain. Et puis le gouverneur militaire de Paris est aussi celui qui organise l’accueil des chefs d’État étrangers, et là, il y a un chef d’État et pas le moindre, qui vient visiter la France en septembre prochain, le pape Léon XIV. Et le gouverneur militaire de Paris ne doit pas commettre d’impair. Ce type d’accueil, c’est aussi une des missions du gouverneur militaire de Paris. C’est un job qui est important, parce qu’il ne faut pas commettre d’impair. Alors, j’ai décidé de créer une citation apocryphe du Général de Gaulle » que des guerres ont été plus souvent déclarées pour des fautes de protocole que pour d’autres raisons » mais au-delà de la plaisanterie, je pense que la manière dont la République accueille ses hôtes de marque est importante.
La troisième fonction, qui est moins mise en valeur, mais qui est très importante, notamment en matière de condition du personnel, c’est tout le soutien à la vie du ministère des Armées en Île-de-France. Je suis en charge de l’hébergement des militaires, de l’attribution des chambres. Je suis en charge du schéma directeur immobilier. Je participe à la défense, à la sécurité, à la surveillance. Il y a tout un certain nombre de fonctions transverses que le ministère des Armées a décidé de traiter au niveau régional, et j’ai un certain nombre de prérogatives qui ne sont pas liées à une armée en particulier et qui permettent d’assurer une coordination transverse.
Quatrième mission : c’est celle du rayonnement, de la promotion de l’esprit de défense. Là, j’ai beaucoup d’activités en direction de la jeunesse, on pourra peut-être en reparler, en direction des élus, peut-être de manière un peu moins importante à Paris, parce que la présence des très hautes autorités militaires, chefs d’état-major des armées, fait que je ne suis pas le seul représentant de l’institution militaire, contrairement à mon homologue de Marseille ou à mon homologue de Lyon, qui constituent le référent quasi unique de l’institution militaire régionale. Je rencontre très souvent des élus locaux, des élus municipaux, des élus de la République, députés, sénateurs… Une nouvelle peut-être, c’est le monde de l’entreprise, le monde des dirigeants d’entreprises qui, je pense, sont en demande d’éclaircissements du contexte international. J’interviens très régulièrement devant des cénacles de chefs d’entreprise : des PME, ETI, et des grands groupes.
Puis enfin, la dernière mission, c’est celle qui est liée à ce qui fait profondément la singularité militaire : le soutien aux blessés ou tombés pour la France. Il y a deux volets dans cette mission. D’abord, on organise un très grand nombre d’activités caritatives au profit du financement des besoins des blessés et des familles endeuillées. Je suis un gros financeur. Je pense être le premier financeur de Terre Fraternité-ADO qui est l’association de soutien aux blessés et aux familles endeuillées de l’armée de Terre. Je suis le premier financeur annuel, mais je finance aussi Le Bleuet de France et les autres associations de l’armée de l’Air, de la Marine nationale et Solidarité Défense. Et, j’organise des courses solidaires, des concerts de musique classique, concerts de variétés, des séances de cinéma en plein air aux Invalides, des expositions de street art, et j’en oublie probablement dans cette énumération, mais globalement, nous avons un gros événement tous les mois ou deux mois à cet effet.
Ensuite, vraiment le cœur du cœur, celui qui est peut-être le plus profondément ancré dans la singularité militaire, c’est d’être responsable du pilotage du plan Hommage créé à l’initiative du général de corps d’armée Bruno DARY, Gouverneur militaire de Paris (2007-2012). Vous pouvez voir dans ce bureau derrière vous le portrait de Fany CLAUDIN, qui a été le premier plan Hommage. Fany est morte pour la France au Liban en octobre 2024, quelques semaines après mon arrivée, et c’est l’ensemble des actes qui doit permettre à la fois de manifester l’efficacité de l’institution pour soigner les blessés, rapatrier les corps, mais aussi de montrer, d’apporter toute la compassion possible, la sympathie possible, la solidarité possible à la famille de ceux qui sont tombés pour la France. Vous avez pu le voir récemment, puisqu’on a encore perdu trois camarades qui sont morts pour la France en Irak d’une part, et au Liban d’autre part. C’est le gouverneur militaire de Paris qui s’occupe d’un certain nombre d’actes, y compris en rencontrant la famille pour leur expliquer les circonstances du décès.
Je pense que c’est très important, d’une part parce que cela nous rappelle, même si on vit ici aux Invalides, au cœur du septième arrondissement, au cœur de Paris, que la singularité du métier militaire, c’est bien la capacité à donner la mort ou éventuellement à faire don de sa vie. C’est vraiment cela qui nous distingue profondément du reste du corps de l’État. Ensuite, je crois profondément que pour la famille, c’est probablement la première étape pour faire son deuil. Le fait de voir l’Institution, à travers un officier général de haut rang qui manifeste dans les premières heures du décès, la compassion et la solidarité des armées avant les hommages nationaux généralement présidés par la ministre des Armées ou le président de la République en fonction des besoins, est très important.
Tout cela constitue un panel de missions extrêmement différentes, à la fois pour les familles de nos militaires, que pour les chefs d’État étrangers.
J’ai eu la chance d’accueillir le Roi et la Reine du Danemark, le Roi et la Reine de Belgique, le Premier ministre britannique, le président du Libéria.
Évidemment, quand vous avez vous-même servi pendant plusieurs mois, juste après l’épouvantable guerre civile au Libéria en 2004, pouvoir accueillir, plus de 20 ans après, le président d’un État qui se reconstruit, c’est quand même un bon moment. Vous vous dites : « Après tout, notre action n’a pas été totalement inutile, elle a été plutôt utile. » Puis, c’est aussi des patrouilles en tenue, en treillis et gilet pare-balles dans les rues de Paris avec nos soldats. C’est un panel de missions qui s’exercent, et c’est très important pour moi, non pas seulement dans Paris intra-muros, mais dans tout le territoire de l’Île-de-France, y compris dans les banlieues plus populaires ou dans les départements plus ruraux, comme la Seine-et-Marne (77) par exemple.
Vous évoquez l’exemple du Libéria. Est-ce que vous en auriez un autre qui pourrait faire écho ? Un marqueur de votre parcours ? Peut-être un autre pays sur lequel vous avez travaillé ?
J’ai commencé ma carrière par l’opération déclenchée suite au génocide au Rwanda, l’opération Turquoise qui a débuté le 23 juin 1994.
À 25 ans, vous découvrez la noirceur insondable de l’âme humaine. Outre le fait que les polémiques historiques n’ont cessé dans les dizaines d’années qui ont suivi l’opération Turquoise, on a un peu le sentiment de ne pas être réellement rentré du Rwanda, alors que j’étais lieutenant et que je suis aujourd’hui général quatre étoiles. Pour moi, il est évident que le Rwanda est une expérience fondatrice à la fois sur la profonde difficulté inhérente à une mission militaire opérationnelle au milieu des populations, puisqu’on est acclamés par des populations quand nous arrivons, et en réalité, on comprend très vite que ceux qui nous acclament sont ceux qui tenaient les machettes quelques jours ou quelques semaines avant. Ceux qui pensaient que l’on venait les sauvegarder, étaient ceux qui avaient massacré leurs voisins.
Vous vous rendez très vite compte de la profonde complexité d’une opération militaire au milieu des populations. Or, ces opérations-là ont été le marqueur de notre génération. Il y a eu 30 ans de guerre expéditionnaire : Afghanistan, Mali, Côte d’Ivoire, Tchad… et le Libéria. On était au milieu des populations. Il y a toujours cette difficulté de l’équilibre très fin entre l’action militaire et l’utilisation de la force létale. C’est peut-être une des grandes leçons de notre génération au total des dernières 30 années où on a fait la guerre au milieu des populations.
Deuxième marqueur, ce sont les opérations en ex-Yougoslavie où je participe au tournant de la guerre en 1995 après la crise des otages, où on décide de reprendre par la force un poste qui avait été pris par perfidie par nos adversaires Bosno-serbes, les Tchetniks. Là aussi, évidemment, vous êtes dans le paroxysme du feu. Vous êtes dans le combat au sens le plus dur du terme, et évidemment, cela laisse des traces et cela vous marque.
Le général François LECOINTRE a coutume de dire que la plus grande difficulté pour un fantassin, c’est de libérer la bête qui est en soi et de pouvoir ensuite la ramener, mais je pense qu’il y a aussi cette espèce d’effroi qu’on a de se dire : « En fait, j’ai su libérer cette bête, et pourtant, cette bête, je dois la remettre dans sa cage. », ce qui est la différence entre un soldat d’un pays démocratique, régi par l’État de droit et par les lois de la guerre et un soldat d’une dictature, régi par les lois de la barbarie. La figure militaire qui m’a profondément marqué est celle du général Lecointre, puisque j’ai servi sous ses ordres au Rwanda, j’ai servi sous ses ordres à Sarajevo, j’ai servi sous ses ordres quand je commandais mon régiment à Poitiers, il était général commandant de la brigade. J’ai été son conseiller Afrique quand il était chef d’état-major des armées. Toute sa réflexion autour de la singularité militaire est le produit de son propre engagement militaire. Lui avait fait la guerre du Golfe. Moi, j’étais trop jeune, j’étais encore à Saint-Cyr.
Entre la guerre du Golfe, le Rwanda, Sarajevo et puis les expériences suivantes, cette singularité militaire, est vraiment cette possibilité de déchaîner la violence, je le crois vraiment, profondément, et c’est ce qui différencie les militaires des autres corps de l’État, y compris des « corps habillés ».
Après, évidemment, des expériences marquantes, j’en ai eu mille, quand je commandais le contingent français au Liban. J’ai touché du doigt cette profonde complexité du Liban, où les chiites sont au fond plutôt assez proches des chrétiens et plutôt en opposition avec les sunnites. Je vous parle d’il y a 10 ans, je ne fais pas de commentaire sur la situation actuelle. Vous touchez du doigt une terre, vous poussez un caillou,et vous trouvez une croix latine, une trace byzantine ou romaine, dans un pays qui est un des berceaux de la civilisation européenne.
Vous touchez du doigt la complexité, la grande humilité que doivent avoir tous chefs militaires en opération extérieure. Il faut avoir une forme de modestie quant à l’action militaire sur le terrain, dans le cadre d’opérations multinationales ou de maintien de la paix. Ce qui est le cas avec la guerre en Ukraine par exemple, avec un mélange de guerre d’informations et de désinformations.
Ensuite, c’est aussi la création d’un poste de représentant français au Pentagone, qui est très marquante, parce qu’avoir la chance d’être le colonel français à l’état-major des armées américaines au Pentagone pendant trois ans, est très bien.
J’ai laissé une partie de mon cœur en Côte d’Ivoire où j’ai fait tous mes grades. J’ai été lieutenant, capitaine, commandant, lieutenant-colonel et colonel. Je suis arrivé adjoint dans un escadron, et 15 ans après, je commandais l’opération Licorne en Côte d’Ivoire.
Un parcours passionnant.
Il y en a beaucoup, mais si je devais résumer, peut-être le souvenir le plus marquant, c’est cette jeune femme qu’on est allé chercher au bord d’une route sur renseignement pour la sauver des griffes des massacreurs au Rwanda et que l’on a remise à un camp de la Croix-Rouge pour la sauver. Je répète souvent cette phrase : « Quiconque sauve une vie sauve l’humanité toute entière. » Ce n’est pas moi qui le dit, c’est écrit dans le Talmud.
Je vous remercie général. Vous avez évoqué en début d’entretien le mot Rayonnement. Est-ce que vous auriez des messages à transmettre aujourd’hui aux lecteurs qu’ils soient ou non un ministère, aux médias aussi qui vont lire l’article, et puis aux citoyens ? Des messages au regard des actualités géopolitiques, est-ce que vous auriez des choses à dire ? Est-ce que vous avez un positionnement à transmettre ?
D’abord, les messages.
Le premier message que j’ai est que : oui, le contexte est difficile. Oui, on est en train de vivre des bouleversements. Oui, je pense que nous sommes en train de vivre probablement ce que l’on peut appeler un tournant historique de l’ordre de la chute du mur de Berlin, qui sera dans les livres d’histoire avec un tournant aux alentours de 2022. Est-ce que c’est le début de la guerre en Ukraine ? Est-ce que c’est la deuxième réélection de Donald Trump ? Est-ce que c’est le 7 octobre qui sera retenu in fine comme la chute du mur de Berlin qui a été très claire, ou l’attaque des deux tours le 11 septembre ? Je pense que l’on est dans cet ordre-là, mais au-delà de cela, je pense que toutes les générations ont eu à relever des défis. Le message majeur, c’est que l’on est capables de relever les défis, et c’est ce que je martèle en permanence à nos jeunes compatriotes, à nos jeunes.
J’ai grandi à Paris. Il y avait la crise des euromissiles entre les États-Unis et l’Union soviétique. L’Union soviétique était à trois heures de Strasbourg, puisqu’à l’époque, les chars soviétiques étaient au milieu de l’Allemagne actuelle. Il y avait le début de quelque chose que l’on ne connaissait pas qui faisait beaucoup de morts : c’est l’épidémie du sida. Sans parler, si on remonte un peu plus haut, des écrits du club de Rome en 1972 qui expliquaient qu’en l’an 2000, on allait tous mourir de faim, parce que la planète serait incapable de nourrir une population en croissance exponentielle. La jeunesse actuelle est capable, je pense, de relever les défis, et c’est ce que je dis à nos jeunes compatriotes.
La jeunesse actuelle est capable de relever les défis qui se présentent à elle. Pour cela, je pense qu’il y a deux choses majeures. La première, c’est l’esprit critique, c’est-à-dire : il faut que l’on aide nos jeunes à développer cet esprit critique. Comme je le dis souvent : « développer l’esprit de défense dans la jeunesse, ce n’est pas militariser la société, ce sont deux choses différentes ». Je n’ai aucune envie d’une société dystopique, telle décrite dans le livre 1984 de George Orwell où tout le monde serait en uniforme, à dire la même chose, ce n’est pas le sujet. En revanche, je revendique le droit d’aller dans les écoles pour expliquer le bonheur que j’ai d’être Français et le bonheur qui a été le mien et qui est encore le mien, de vivre dans un pays dont le contrat offert à chacun des jeunes, quelles que soient leurs couleurs de peau, leurs convictions personnelles, philosophiques, écologiques, est : liberté, égalité, fraternité.
Le deuxième point, c’est : « Engagez-vous ». On est plus heureux quand on s’engage, quand on fait quelque chose pour ou avec les autres. C’est le secret d’une vie réussie. C’est le message que je martèle à la jeunesse, qu’elle soit dans Paris intra-muros ou qu’elle soit dans les banlieues populaires. Que l’on soit un Français de naissance, un Français par adoption, un Français très récent ou de très longue date. C’est, je crois, un des messages majeurs. J’ai un message d’optimisme. Je me souviens d’un ministre récemment, qui a commencé son intervention au ministère, à l’État-major à Balard, en répétant trois fois : « Vous vous rendez compte ? Nous sommes la France, nous sommes la France, nous sommes la France. » Je pense qu’on a la chance d’être dans ce pays absolument magnifique, qui est la patrie des Arts et des Lettres, comme le disait Joachim Du Bellay, et c’est ce message-là qui me paraît extrêmement important.
Face à nous, on a évidemment un combat absolument énorme qui est celui des réseaux sociaux et surtout de ces bulles dans lesquelles s’enferment les jeunes, avec les algorithmes.
Qu’est-ce qui fait que nous étions optimistes dans les années 80 ? Et qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui, nos jeunes sont plutôt anxieux ? Je pense que l’énorme différence est la révolution numérique, et cette guerre qui a commencé sur les réseaux sociaux. Le préfet de police de Paris évoquait récemment des événements où il dit qu’entre ce qui a été présenté de manière publique et la réalité des faits, les informations sont totalement différentes.
Aujourd’hui, c’est un vrai enjeu. Évidemment, un enjeu qui n’empêche pas le débat démocratique, le débat politique, l’analyse d’options. C’est pour cela que les armées offrent autant de possibilités de s’engager avec notamment aujourd’hui, le service national qui est quand même un tournant historique. Je ne pensais pas, très honnêtement, connaître, en étant encore en service, le retour du service national. Pourtant, le service national, les premiers contingents arriveront en septembre prochain dans les armées et avec un vrai succès, c’est-à-dire que l’on recrute des jeunes qui sont prêts à s’engager. Vous aurez le service national, et vous aurez le SMA et le SMV qui seront dans leur ligne, et qui sont dans des segments très spécifiques.
Pour clôturer notre rencontre, la question que les lecteurs apprécient beaucoup, c’est de savoir, en dehors de ce que vous nous avez partagé, et je vous en remercie, de passionnant et très riche de parcours et sur le plan humain, une certitude, savoir si vous avez des loisirs, des passions autres.
D’abord, quand on est gouverneur militaire de Paris, on s’engage à plein temps, week-end compris. Des loisirs, vous n’en avez pas beaucoup. Je ne dis pas cela pour me mettre en valeur, c’est la réalité objective.
Après, évidemment, j’ai vraiment des centres d’intérêt. J’apprécie beaucoup les bandes dessinées, notamment celles de western. Je commence à avoir une belle collection de bandes dessinées. Je pense que c’est dû aussi au fait que l’on a vécu cinq ans aux États-Unis avec ma famille.
Ensuite, de manière plus générale, j’ai débuté mes études par des études d’histoire à la Sorbonne. J’aime bien l’histoire, et j’aime bien l’histoire contemporaine et en particulier les études churchilliennes. Je n’ai peut-être pas tout lu, mais en tout cas, j’ai une très belle collection de livres. Grâce aux études churchilliennes et en arrivant ici aux Invalides notamment, aujourd’hui, je découvre ce monde extraordinaire des Compagnons de la Libération.
Et le sport, est-ce que vous avez le temps ?
Le sport, je suis skieur et je fais du vélo, mais vraiment plus à titre de loisir que sportif. J’aime bien monter à cheval aussi.
Et puis, j’aime tout ce qui est lié à l’art et la culture. La dernière exposition qui m’a beaucoup plu, c’est Calder. Il y a une rétrospective Calder à la fondation Louis Vuitton qui est absolument exceptionnelle et dont d’ailleurs le musée, dont je suis président du Conseil d’administration du musée de l’Armée, a prêté l’œuvre qui s’appelle France Libre, que Calder avait offert au Général de Gaulle pendant les années à Londres, qui est une très belle œuvre avec une croix de Lorraine. J’apprécie beaucoup les mobiles de Calder que j’ai découverts quand j’étais à Washington D.C. Plus généralement, j’aime beaucoup vivre à Paris, on a la chance d’avoir la Comédie-Française, l’Opéra. Quand j’ai le temps de le faire, je profite.
Nous parlons d’art et de culture, une destination vous fait-elle rêver pour vous évader le temps d’un week-end ?
En fait, je viens de découvrir qu’un de mes rêves, c’était d’aller en Andalousie. Je viens de passer 48 heures à Séville, et je n’ai qu’une envie, c’est de retourner visiter Grenade et Cordoue. Puis, il y a une destination où tout le monde va en ce moment, c’est le Japon, et cela commence un peu à m’intéresser. Je me dis : « Tiens, il faut que j’aille faire un tour au Japon. »
Une destination qui fait rêver. Je vous remercie général pour notre entretien très sympathique et instructif. Je remercie l’équipe com pour son accueil toujours agréable et vous souhaite une excellente préparation de la cérémonie du 14 juillet. Je vous retrouverai avec enthousiasme le Jour J !
À l’occasion du 14 juillet 2026, l’Opération de Relations publiques (ORP) ouvrira ses portes au grand public sur l’esplanade des Invalides, de 10h à 19h30. L’événement sera gratuit et ouvert à tous. Une excellente immersion au cœur des armées ! Pour en savoir plus.

Opération 14 juillet 2026 – Venez à la rencontre de vos armées aux Invalides, Paris 7ème, avec le GMP Loic MIZON
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