by Valérie Desforges

71ème #FestivalCannes : un jury résolument féminin

#Cinema #Cannes #CateBlanchett

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A la veille de l’ouverture du 71e Festival de Cannes, la présidente du jury Cate Blanchett est arrivée sur la Croisette pour le traditionnel dîner avec les jurés, prélude à une fête du cinéma qui prend une touche résolument féminine dans le sillage du séisme Weinstein.

Accusé d’en faire trop peu en cette ère #MeToo ouverte par le scandale Harvey Weinstein, le producteur hollywoodien accusé de harcèlement sexuel voire de viols par une centaine de femmes, le Festival cannois a multiplié les annonces lundi, avec une montée des marches 100% féminine samedi.

Ce sera une montée dédiée aux femmes du cinéma, une centaine“, a précisé lundi le délégué général du Festival, Thierry Frémaux, sans donner aucun nom.

Si les femmes ne seront que trois en lice pour la Palme d’or, sur 21 réalisateurs, elles seront majoritaires côté jurys, et pas seulement dans celui de la sélection officielle, présidé par l’actrice australienne Cate Blanchett, où elles sont cinq sur neuf.

Le festival a ainsi révélé que les jurys d’Un Certain Regard, présidé par l’acteur hollywoodien Benicio del Toro, et celui de la Caméra d’or, mené par la réalisatrice suisse Ursula Meier, seront également dominés par les femmes: trois sur cinq pour Un Certain Regard, considéré comme la deuxième compétition de la sélection officielle, et quatre sur sept pour la Caméra d’or, qui récompense le meilleur premier film, toutes sections confondues.

Paparazzi et escabeaux

En marge du festival, ce sera même du 100% féminin encore pour le gala de l’AmFAR (Fondation américaine contre le sida), avec 25 présidentes, actrices ou mannequins, dont Linda Evangelista ou Scarlett Johansson. Un symbole pour ce gala de bienfaisance organisé chaque année pendant le festival et dont Weinstein était un des principaux sponsors.

Si le fameux tapis rouge ne sera déroulé que mardi en début d’après-midi, l’affiche du Festival, le baiser de Jean-Paul Belmondo et Anna Karina, tirée de “Pierrot le fou” de Jean-Luc Godard, est hissée depuis dimanche sur le Palais des festivals.

Quant aux paparazzi amateurs et chasseurs d’autographes, ils sont déjà à pied d’œuvre, avec leurs escabeaux, armes suprêmes pour mitrailler Penélope Cruz ou Javier Bardem, les deux premières stars attendues mardi soir pour le film d’ouverture, “Todos lo Saben” (“Everybody knows”), de l’Iranien Asghar Farhadi.

Autres grands noms attendus pendant ces deux semaines: le revenant américain Spike Lee, avec “BlacKKKlansman”, ou Godard, avec son “Livre d’images”, cinquante ans après le Festival de mai 68 qu’il avait contribué à interrompre définitivement.

L’une des autres stars de la quinzaine sera incontestablement Cate Blanchett, devenue l’une des figures de proue de la lutte contre le harcèlement sexuel dans le 7e Art.

Mais elle est d’abord présidente parce que c’est une grande actrice“, a insisté lundi Thierry Frémaux, en la comparant aux deux premières femmes à avoir dirigé le jury cannois, Olivia de Havilland et Sofia Loren.

Reste que le thème du harcèlement sexuel sera incontournable sur une Croisette où chaque festivalier a reçu un tract au titre clair: “comportement correct exigé“. En prime: un numéro de téléphone pour toute victime ou témoin de harcèlement sexuel, et le rappel des peines maximales, 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende.

“Des films d’artistes” 

Avec Weinstein, désormais paria, l’autre grand absent sera Netflix. Après avoir eu deux films en compétition en 2017, la plateforme de vidéo par abonnement a décliné l’invitation, refusant de se plier aux règles de diffusion en France.

Mais Cannes aura d’autres pépites à offrir, d’Asie et du Moyen-Orient notamment. Sur les 21 cinéastes en compétition officielle, il y ainsi dix nouveaux venus et notamment l’Iranien Jafar Panahi et le Russe Kirill Serebrennikov, interdits de voyage par leurs pays et qui pourraient donc rater l’événement.

Je ne suis pas très optimiste“, a concédé Thierry Frémaux, en soulignant “l’ironie que ces deux films-là ne sont pas des films politiques, mais des films d’artistes”.

Qui succédera à “The Square”, du Suédois Ruben Ostlund ? Réponse le 19 mai. Une palme féminine ne serait que la deuxième de l’histoire après celle de Jane Campion pour “La leçon de Piano”, en 1993.

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Source : AFP

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