11 octobre 2026 – Bonjour Franck, nous nous connaissons depuis plusieurs années. Après un premier entretien en 2020 sur le media Miss Konfidentielle alors que tu étais coordonnateur du CISPD de Melun Val de Seine, nos échanges se sont prolongés notamment dans le cadre de séminaires, de colloques consacrés aux forces de l’ordre et à la prévention des violences.
C’est ainsi que j’ai participé à l’animation de rencontres où il s’agissait de faire dialoguer les expériences et de chercher des réponses concrètes aux violences, notamment les violences intrafamiliales (VIF) et les enjeux de la police municipale.
Nous avons partagé les premiers à des entretiens avec une force de l’écoute et d’analyse. Des communications, avec un suivi de victimes et d’associations qui font un travail formidable pour le bien commun.
De ces collaborations est née une confiance professionnelle commune, nourrie de franchise et d’exigence. Nous partageons un intérêt profond pour le bien vivre ensemble, la gendarmerie, la police, les forces de l’ordre, la défense, la justice et l’écriture.
Aujourd’hui, je te retrouve autour de la publication du Dictionnaire de la sécurité intérieure et d’une ambition qui traverse ton parcours : transmettre des connaissances utiles.
Nous avons partagé plusieurs rencontres et projets depuis notre premier entretien. Quel regard portes-tu sur ce chemin parcouru ensemble ?
Bonjour Miss Konfidentielle.
Je retiens d’abord la franchise de nos échanges. Tu poses les questions, tu demandes des précisions et tu vas au bout des sujets.
C’est cette exigence, avec ta capacité à faire dialoguer les intervenants, qui m’a donné envie de te solliciter pour animer des rencontres, notamment autour des élus et de la lutte contre les violences. J’y ai reconnu de vraies qualités journalistiques et d’animation.
Au fil de ces collaborations, nous avons appris à nous connaître et une confiance réciproque s’est installée.
L’écriture a pris une place considérable pendant ce temps ! J’écrivais déjà lorsque nous nous sommes rencontrés, mais j’ai vraiment développé cette activité. Ce qui me fait plaisir aujourd’hui, c’est de voir des lecteurs parler de moi comme d’un auteur. Ils me connaissaient parfois comme directeur de police municipale ou comme formateur. Ils découvrent désormais mes livres et en parlent entre eux. C’est une reconnaissance qui me touche.
Pour autant, tout se tient. J’écris sur des sujets que j’ai travaillés, enseignés ou rencontrés dans mon parcours professionnel. La sécurité publique, les institutions, les concours, la formation : ce sont des domaines dans lesquels je me suis investi pendant des années. Les livres me permettent de transmettre cette expérience à des personnes que je ne rencontrerai peut-être jamais.
Tu évoquais plus de quatre-vingts d’ouvrages en amont. J’en suis à quatre-vingt-dix ! Moi-même, je n’aurais pas imaginé en arriver là. Mais il y a un fil conducteur. J’ai travaillé sur la police municipale, les ASVP, les écrits professionnels, les concours, la gendarmerie, la réserve et, plus largement, les acteurs de la sécurité. Chaque ouvrage répond à un besoin particulier.
Ce parcours s’est construit notamment avec les éditions La Baule, Territorial et Dalloz, ainsi qu’à travers des articles, dont ceux publiés dans la Revue de la Gendarmerie nationale.
Aujourd’hui, je développe aussi mes propres éditions. Cela me permet de travailler l’ensemble du livre, jusqu’à sa présentation, avec la même préoccupation : qu’il soit réellement utilisable.
Pourquoi ce goût de la transmission par l’écriture ?
Parce que j’aime apprendre et que j’aime transmettre.
Il y a aussi une histoire universitaire derrière tout cela. J’ai consacré plusieurs années à un travail de thèse que je n’ai finalement pas soutenu. Il en est resté une forme de frustration, oui, mais aussi une envie de poursuivre mes recherches et de leur donner une utilité.
Je me suis intéressé à la genèse des polices municipales, à la police nationale, à la gendarmerie, à la sécurité privée et à leurs relations. Je suis remonté loin dans l’histoire, puis j’ai avancé jusqu’à aujourd’hui. Et, au passage, j’ai laissé des livres. C’est un peu comme cela que je décrirais ma trajectoire.
Il y a aussi les personnes auxquelles je pense en écrivant. Un candidat peut connaître beaucoup de choses et avoir du mal à les organiser. Un professionnel peut maîtriser son métier et chercher à mieux comprendre celui de ses partenaires. J’essaie de leur donner les explications que j’aurais aimé trouver moi-même. C’est très concret.
Pourquoi avoir écrit le Dictionnaire de la sécurité intérieure ?
Parce qu’à force d’enseigner et d’écrire, je retrouvais les mêmes besoins de clarification.
Nous employons beaucoup de mots, de sigles, de notions juridiques et d’expressions professionnelles. Nous pensons parfois parler de la même chose alors que chacun y met un sens différent. Avant d’aller plus loin, il faut pouvoir revenir à une définition et comprendre de quoi l’on parle.
J’ai voulu réunir ces connaissances dans un ouvrage qui permette de circuler entre les domaines. Il rassemble 10 000 entrées : le droit, les institutions, les pratiques, mais aussi l’histoire, le jargon professionnel, les sigles et les questions de prévention, de jeunesse ou de protection.
Cette diversité correspond à la réalité de la sécurité intérieure. Les acteurs travaillent ensemble ; leurs connaissances doivent pouvoir se rencontrer.
Le dictionnaire occupe maintenant une place centrale dans mon travail. Mes ouvrages et mes recherches l’ont nourri. Une fois cet ensemble réuni et organisé, il est devenu à son tour une base pour approfondir des sujets dans mes autres livres. Il y a une continuité entre eux.
À qui souhaites-tu que ton dernier ouvrage soit utile concrètement ?
À celui qui entre en formation, d’abord. Étudiant, stagiaire, candidat à un concours : lorsqu’on découvre un métier, on découvre aussi son vocabulaire. Je voudrais que le dictionnaire soit un premier réflexe, un ouvrage que l’on garde à côté de son cours ou de son livre de préparation.
Je pense tout autant aux fonctionnaires, aux militaires, aux professionnels de la sécurité privée et à ceux qui les encadrent ou les forment. Dans un service, on doit comprendre les missions de ses partenaires, préparer une réunion, rédiger, expliquer une décision. Pouvoir préciser une notion ou replacer une institution dans son contexte est utile à tous les niveaux.
Une administration, une école ou une bibliothèque peut aussi le mettre à disposition de plusieurs lecteurs. Et il reste accessible au citoyen qui souhaite comprendre cet univers. J’ai voulu un livre sérieux dans lequel on puisse entrer sans avoir déjà toutes les connaissances.
Et pour celui qui prépare un concours. Comment l’utiliser avec tes autres ouvrages ?
L’ouvrage spécialisé permet de suivre une lecture centrée sur le corps, le cadre d’emplois ou les fonctions qu’il vise. Le dictionnaire l’aide à éclaircir les notions qu’il rencontre et à élargir sa compréhension.
J’aime dire que je me suis trouvé aux quatre coins de la table : candidat, membre de jury, recruteur et enseignant. On ne regarde pas une préparation de la même manière selon la place que l’on occupe. Le candidat cherche ce qu’il doit apprendre ; le jury attend qu’il comprenne et raisonne ; le recruteur se
projette dans un travail à confier ; l’enseignant cherche comment faire passer les connaissances. J’essaie de tenir compte de ces quatre regards.
projette dans un travail à confier ; l’enseignant cherche comment faire passer les connaissances. J’essaie de tenir compte de ces quatre regards.
L’objectif, c’est d’aider le lecteur à repérer l’essentiel et à mieux l’expliquer. Une notion enfin comprise peut débloquer un raisonnement ou rendre une réponse plus précise. Je souhaite l’aider à aller chercher le point qui peut faire la différence, avec le travail personnel que cela suppose. Et cette démarche vaut aussi pour une sélection sans concours, une prise de poste ou une évolution professionnelle.
Tu accordes beaucoup d’importance à la façon de construire tes livres. Qu’as-tu voulu apporter ?
Quelque chose que j’aurais aimé avoir : un ouvrage dans lequel je peux avancer, retrouver un passage, comprendre les liens entre les notions et identifier ce que je dois retenir.
La présentation compte beaucoup, si elle complique la lecture, elle devient un obstacle supplémentaire.
J’ai conçu ma propre présentation et j’y ai consacré beaucoup de temps. Je suis très pointilleux sur ces questions. Mais, derrière les choix de mise en page, il y a surtout un travail d’auteur : choisir les explications, articuler les connaissances, guider le lecteur et lui donner une vision suffisamment large de
son sujet. C’est dans ce sens que je parle d’œuvres de l’esprit. J’y engage mon expérience et ma manière de transmettre.
L’innovation que je recherche est là : faciliter la compréhension d’une matière exigeante. Je veux que le lecteur sente qu’il progresse et qu’il puisse utiliser ce qu’il vient de lire.
Tu m’as parlé de l’intelligence artificielle, IA. Quelle place lui donnes-tu dans ce travail ?
Je l’utilise et je préfère le dire simplement. Elle peut apporter une aide au travail d’écriture et de préparation éditoriale.
Mais il faut savoir ce que l’on veut produire et être capable d’apprécier ce qu’elle propose. Une formulation convaincante peut être inexacte. Ce qui me permet de travailler sur ces sujets, ce sont mes connaissances, mon expérience, mes recherches et mes enseignements. L’outil n’a pas exercé mes fonctions, rencontré mes étudiants ni siegé dans mes jurys. Les choix de contenu, les vérifications et la responsabilité du livre m’appartiennent. Pour moi, son utilisation doit s’accompagner de cette exigence.
Quelles rencontres ou collaborations ont particulièrement compté dans ton parcours d’auteur ?
La confiance que l’on m’a accordée a beaucoup compté. Je pense notamment à Frédéric Debove, maître de conférences en droit privé à l’université Paris-Panthéon-Assas et codirecteur du master Droit et stratégies de la sécurité, ainsi qu’à François Chouvel, maître de conférences honoraire en droit public. Ils m’ont confié des enseignements et ont également préfacé mes ouvrages. Je tiens aussi à citer Jean-Marc Berlière, professeur émérite d’histoire contemporaine et spécialiste de l’histoire des polices, notamment pour son éclairage sur la police municipale.
Je pense à Charles Pellegrini, ancien commissaire divisionnaire et ancien chef de l’Office central pour la répression du banditisme, ainsi qu’à Christophe Soullez, directeur de l’Institut des hautes études du ministère de l’Intérieur, qui ont accompagné mes livres par leurs préfaces. Sans oublier Maître Laurent-Franck Liénard, avocat au barreau de Paris, notamment pour mes ouvrages consacrés à la gendarmerie.
Ces regards de juristes, d’historiens et de praticiens comptent beaucoup dans mon parcours d’auteur.
Je pense également à Gérald Sertelet, aujourd’hui premier adjoint au maire de Clermont-Ferrand chargé de la sécurité du quotidien et de la politique mémorielle, qui a préfacé l’un de mes ouvrages. À Franck Amédro, spécialiste de l’armement et formateur de policiers, notamment auprès du CNFPT. À Chrystel Leclerc, directrice générale des services du centre de gestion de Seine-et-Marne. Je veux aussi citer Éric Chalumeau, commissaire divisionnaire honoraire de la Police nationale et ancien directeur des études et de l’ingénierie de l’IHESI, ainsi que Michel Felkay, commissaire général, qui a dirigé la police municipale de Paris.
La gendarmerie et la réserve ont aussi leur place dans ces rencontres. Je pense à Jean Gillet, expert en armement, que nous avions accueilli lors du séminaire de 2021 comme chef d’escadron de la réserve citoyenne de la Gendarmerie nationale. Et à Samuel Hagiakian,commandant de gendarmerie de réserve et adjoint au maire de Noiseau chargé de la sécurité et de la tranquillité publique. Je pense également à Olivier Michalot, sous-officier supérieur de la Gendarmerie nationale, à Océane Dupin, lieutenant de police, à Philippe Baudet, contrôleur des douanes, ainsi qu’à Laurent Ridel, inspecteur général de la justice. J’en oublie forcément, mais je n’oublie pas ce que représente leur confiance.
Cela rejoint ce que je cherche à faire dans mes livres. Il faut qu’une explication puisse servir à celui qui apprend comme à celui qui exerce déjà. La confiance de ces personnes m’honore et m’oblige à rester exigeant. L’utilité d’un ouvrage se joue ensuite entre ses pages et son lecteur.
Je travaille actuellement à un ouvrage sur le délégué du préfet avec un collègue qui exerce outre-mer. Écrire à deux permet de croiser les expériences et de discuter des angles que l’on aurait peut-être moins développés seul. C’est aussi une manière de continuer à apprendre.
Et pour le dictionnaire, as-tu déjà sollicité les auteurs de la préface et de la postface ?
Pas encore, mais cela ne saurait tarder ! J’ai à cœur de solliciter des personnes dont le parcours et le regard correspondent pleinement à cet ouvrage, exceptionnel à mes yeux par son ampleur et par la place qu’il occupe dans mon travail. Je leur laisse évidemment le soin de me répondre avant d’en dire davantage.
Il existe deux éditions du dictionnaire. Laquelle présentes-tu aujourd’hui à nos lecteurs ?
L’édition administrations, qui réunit les 10 000 entrées en 550 pages, avec une couverture rigide et un intérieur en couleur. Je la destine particulièrement à la consultation professionnelle, dans un bureau, un service ou un lieu de formation. J’aimerais qu’elle soit à portée de main et qu’on ait le réflexe de l’ouvrir.
Il existe également une édition universitaire, brochée, de 800 pages, avec les mêmes 10 000 entrées et un accompagnement éditorial plus développé. Ce sont deux présentations pour des usages et des habitudes de ecture différents. Chacun peut choisir celle qui lui convient.
Mes ouvrages se retrouvent sur Amazon en recherchant mon nom. Pour identifier précisément l’édition administrations du dictionnaire, sa référence ISBN est 9798174459106. Les établissements peuvent transmettre cette référence à leur service chargé des acquisitions pour vérifier les possibilités de commande.
Pour terminer, qu’aimerais-tu que les lecteurs retiennent de ta démarche ?
Que j’essaie de les aider à avancer. Récemment, mon ami Jean-Pierre, qui me connaît depuis longtemps, m’a dit : « Tu as trouvé du boulot à beaucoup de monde. » Cette phrase m’a touché. Elle m’a ramené à quelque chose de très simple : derrière une formation, un recrutement ou un livre, il y a une personne qui cherche sa place. C’est aussi ce que je veux faire avec mes ouvrages : aider quelqu’un qui s’y met sérieusement à comprendre, à se préparer et à progresser.
Je souhaite que mes ouvrages se répondent. Ils ont nourri le dictionnaire ; aujourd’hui, le dictionnaire nourrit à son tour les ouvrages que je développe.
Tu as parlé d’un cercle vertueux pendant notre échange, et cela correspond bien à ce que je construis. Des livres qui s’enrichissent les uns les autres, avec le lecteur au centre. C’est là que ce travail prend tout son sens.
Merci Franck pour cet échange et pour ce partage autour de la transmission.
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Franck Denion — Dictionnaire de la sécurité intérieure. Édition 2027, administrations.
Franck Denion — Dictionnaire de la sécurité intérieure. Édition 2027, administrations.

Livre Dictionnaire de la Sécurité intérieure de Franck DENION 2027- Droit-Institutions-Pratiques sur le media Miss Konfidentielle
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