by Valérie Desforges

Partez à la découverte de Saint-Denis (93)

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Saint-Denis est un livre d’histoire à ciel ouvert. Ville médiévale, nécropole royale, haut lieu de la révolution industrielle puis grande ville ouvrière, elle a évolué en profondeur et s’est toujours adaptée aux enjeux de son temps. Riche de nombreux trésors, le patrimoine de Saint-Denis ne se limite pas à la Basilique-Cathédrale et au Musée d’art et d’histoire. D’autres sites et monuments sont à découvrir. Depuis 30 ans, elle connaît une mutation sans précédent. Aucune autre ville francilienne n’a connu une telle croissance démographique ces dernières années. Saint-Denis accueille de nouveaux habitants toujours plus nombreux, grâce à une politique de construction de logements très dynamique et à un cadre de vie sans cesse amélioré. Riche de son histoire ancienne et contemporaine, Saint-Denis compte de nombreux lieux remarquables à admirer ou à visiter !

En raison de la crise sanitaire Covid-19, tous les lieux ne sont pas accessibles. Il est préférable de vérifier avant de vous déplacer.

L’incontournable Basilique-Cathédrale de Saint-Denis

Située au cœur de la ville, elle est considérée comme l’un des plus beaux chefs-d’œuvre de l’art gothique. À l’origine, une église fut élevée à la fin du Ve siècle par sainte Geneviève, à l’emplacement de la tombe présumée de saint Denis, premier évêque de Paris et martyre décapité en 280.

Au VIIe siècle, Dagobert Ier, roi des Francs, y fit construire une grande église abbatiale et fut le premier roi à y être inhumé. L’église devint dès lors la nécropole de la plupart des rois de France. En 754, le pape y procéda au sacre du roi Pépin le Bref. Le fils de celui-ci, Charlemagne, y fit édifier la nouvelle basilique carolingienne.
À partir de 1122, sous l’autorité de l’abbé Suger, l’abbatiale fit l’objet d’une importante rénovation architecturale. L’oriflamme de l’abbaye, devenu étendard du roi de France, accompagna les armées au combat jusqu’à la fin du Moyen Âge, faisant flotter sa devise « Montjoie Saint-Denys », sur les champs de bataille, notamment à Bouvines où s’affrontèrent les troupes de Philippe Auguste à celles de Jean sans Terre.
La Basilique fut fortement endommagée, une première fois sous la Fronde, puis pendant la Révolution française. Sa restauration fut confiée au XIXe siècle à Viollet-le-Duc, qui la remania pour lui donner son aspect actuel. Chaque année au mois de juin, la basilique accueille Mozart, Verdi, Mahler, Puccini, et les grands chefs-d’œuvre de la musique classique dans le cadre du Festival de Saint-Denis.
La dernière campagne de restauration qui s’est achevé en 2015, au terme de 3 ans de travaux minutieux, a permis de redonner tout leur éclat à la façade de l’édifice et aux vitraux du déambulatoire.

  • La crypte

La crypte témoigne de l’histoire la plus ancienne de la basilique. Souvenir de l’emplacement de la tombe de Saint Denis et de ses compagnons, la fosse, située juste au-dessous du maître-autel de l’église, est le centre et l’origine de tous les édifices construits jusqu’au XIIIe siècle.

  • Le cimetière

Parmi les sarcophages de pierre retrouvés par les archéologues dès le XIXe siècle figuraient de nombreuses sépultures d’aristocrates francs, notamment celle de la reine Arégonde, belle-fille de Clovis, morte dans la seconde partie du VIe siècle. La noblesse se faisait inhumer auprès des saints martyrs dans l’espoir de gagner une place au paradis. Cette nécropole se développa bien au-delà de l’édifice.

  • La façade

Édifiée sous la direction de l’abbé Suger, au début du XIIe siècle, la façade préfigure celles des grandes cathédrales gothiques. On y voit pour la première fois une rose et trois portails de grandes dimensions qui était, à l’origine, encadrés par des sculptures monumentales, les statues-colonnes, qui furent retirées au XVIIIe siècle. Divisé en trois parties par des contreforts, l’édifice présente un aspect massif, encore roman. La présence de créneaux accentue l’impression d’une forteresse sacrée.
Depuis le XVIIIe siècle, la façade a subi de nombreuses altérations mais une grande partie de la sculpture d’origine subsiste. La flèche nord a été détruite par la foudre en 1836. Remontée l’année suivante par Debret, le mauvais état des parties inférieures et des négligences dans la restauration ont conduit l’architecte Viollet-le-Duc à l’araser en 1847.

  • Le déambulatoire

Edifié sous la direction de l’abbé Suger de 1140 à 1144, il constitue une des créations majeures de l’architecture médiévale européenne. Il consacre, en Île-de-France, la naissance de l’art gothique.
Le chevet, conçu comme un reliquaire monumental inondé de lumière colorée et surélevé par rapport au reste de l’église, était destiné à l’exposition des reliques des saints martyrs.
Le jour de la consécration du chevet, le 11 juin 1144, les reliquaires contenant les ossements des saints ont été transportés de la sombre crypte vers le nouvel espace supérieur, au cours d’une grande procession conduite par le roi Louis VI, en présence d’Aliénor d’Aquitaine, d’une vingtaine d’évêques, de nombreux abbés et d’un légat du pape. Disposées dans le somptueux autel décoré d’or et d’argent, les reliques étaient alors en pleine lumière et visibles de toutes les parties de l’église.

  • La nef

Construite à partir des années 1240, la nef est caractéristique de l’art gothique rayonnant à son apogée. L’architecture y est réduite à un squelette. Les vitraux occupent la plus grande partie des parois. La volonté d’évider au maximum le bâtiment contribue à faire de cette église un écrin de lumière imitant la Jérusalem céleste, modèle de la création architecturale chez les chrétiens. Conçus au XIXe siècle, les vitraux des parties supérieures représentent une série de rois et reines de l’époque médiévale.

  • Le transept

L’ensemble de l’édifice s’organise autour du transept. Dans ce carré central, défini par les quatre puissants piliers de la croisée, sont transférés les gisants de seize rois capétiens et carolingiens.
Quatorze y sont aujourd’hui encore et, au fil des siècles, cet espace majestueux s’est enrichi de nouveaux gisants et de trois magnifiques mausolées de style Renaissance. Immenses, les roses révèlent la prouesse technique des constructeurs de cathédrales.

  • Le portail nord

Le portail nord est une oeuvre du XIIe siècle, profondément restaurée au siècle dernier. Les splendides statues-colonnes représentent les six premiers rois capétiens. Des scènes du martyr de Saint Denis sont sculptées sur le linteau et le tympan.

  • Les vitraux

Des célèbres vitraux exécutés pour l’abbatiale de Saint-Denis au XIIe siècle, subsistent quatre baies et des  fragments dispersés, reconstitués et complétés par l’architecte Viollet-le-Duc au XIXe siècle. Ils sont les premiers en Île-de-France et parmi les plus anciens conservés en Europe.

Visitez le site de la basilique-cathédrale de Saint-Denis
Visite virtuelle de la Basilique Saint-Denis

Le musée d’art et d’histoire de Saint-Denis

Installé dans un ancien carmel du XVIIe siècle, situé entre la basilique et le Stade de France, le musée d’art et d’histoire vous accueille pour une visite insolite !

Installé dans un cadre plein de charme, au cœur d’un carmel du XVIIe siècle et de sa chapelle néo-classique classée monument historique, situé entre la basilique et le Stade de France, le Musée d’art et d’histoire vous accueille pour une visite insolite !

  • Découverte de collections uniques et variées consacrées notamment au Moyen Âge, à la Commune de Paris de 1871, au poète Paul Éluard ou encore à l’histoire religieuse, politique et sociale du territoire de Saint-Denis.
  • Découverte d’expositions temporaires régulières, mettant en valeur les collections du musée, des œuvres d’autres collections françaises et internationales ou encore d’artistes contemporains,
  • Programme semestriel de visites commentées, conférences, concerts, lectures, événements, etc.
  • Rendez-vous dédiés aux familles : les balades-ateliers, proposées une fois par mois,
  • Visites et ateliers pédagogiques pour les scolaires et autres groupes constitués (jeunes et adultes),
  • Espaces de charme à louer pour séminaire, colloque, réunion ou bien prise de vue, tournage.

Visiter le site internet du musée d’art et d’histoire

La maison François Coignet – première maison en béton de France

Avec ses moulages, sa corniche et sa balustrade en béton, la maison Coignet, située 72 rue Charles Michels, est la plus vieille maison en béton de France et reste encore aujourd’hui une pièce maîtresse de l’histoire mondiale de l’architecture.

La maison des Arbalétriers

En 1722, Rodolphe Ebinger, ancien ouvrier d’Oberkampf, le célèbre fabricant de toiles peintes de Jouy-en-Josas, crée une manufacture établie en bordure du Croult. Les opérations de lavage, d’impression et séchage liées à la confection des toiles peintes, nécessitaient la proximité d’une eau abondante et des locaux spacieux. Le bâtiment, situé au 9 rue Auguste Blanqui, semble tirer son nom des « arbalétriers », les pièces inclinées supportant les versants du toit dans une ferme de charpente.

La Maison d’éducation de la Légion d’honneur

La Maison d’éducation de la Légion d’honneur n’est pas une école comme les autres. Depuis l’institution de l’Ordre nationale de la Légion d’honneur, le 19 mai 1802, Napoléon songeait à doter ses membres d’une aide sociale. Désirant donner une bonne éducation des filles de décorés, l’empereur décida l’ouverture d’établissements publics pour leur instruction.

Située dans l’ancienne abbaye de Saint-Denis, cette école publique et laïque française est un lycée de filles qui accueille également des classes d’hypokhâgne-khâgne et de BTS. Les jeunes filles sont toutes internes et portent un uniforme. Cet établissement est reconnu pour l’excellence de son enseignement et le taux de réussite au baccalauréat y est remarquable.

Cliquer ici pour visiter le site de la Maison d’éducation de la Légion d’honneur

Le couvent des Ursulines

Les Ursulines, qui ont fait construire ce bâtiment, s’y sont installées à partir de 1641. C’est dans ce couvent, situé rue des Ursulines, que le jeune roi Louis XIV et sa mère, Anne d’Autriche, logèrent en 1652, au cours de leur séjour à Saint-Denis pendant la Fronde. L’Assemblée Nationale ayant décrété la suppression des communautés religieuses et l’évacuation des maisons pieuses, en 1792, les religieuses quittèrent les lieux. Seule subsista, jusqu’en 1822, l’école pour jeunes filles qui ferma lorsque la Mère parent ne fut plus en mesure de la diriger du fait de son grand âge. Le couvent changera ensuite plusieurs fois de fonction et de propriétaires. Hôpital militaire puis siège de la sous-préfecture, il fut vendu à la fin du XIXe siècle et abrite aujourd’hui des habitations privées.

Découvrez le site du couvent des ursulines

La Cité du cinéma

  • Quand Saint-Denis rivalise avec Hollywood

Inaugurée le 21 septembre 2012, la Cité du cinéma imaginée par Luc Besson a trouvé son écrin Carrefour Pleyel, dans une ancienne centrale thermique (Saint-Denis II), bâtie à la fin des années 1920 par la Société d’électricité de Paris pour alimenter et éclairer le jeune métropolitain parisien.

Aujourd’hui, cette cathédrale du cinéma à l’imposante nef de verre et de métal regroupe, en un même lieu, toutes les ressources humaines, techniques et logistiques nécessaires à la réalisation d’un film : écriture du scénario, production, construction de décors, confection de costumes, studios de tournage, post-production et salle de projection.

Ecole Louis Lumière
L’École Louis-Lumière, grande école publique dédiée aux métiers du cinéma, de la photographie et du son, qui a vu le jour en 1926 sous l’impulsion de figures telles que Louis Lumière ou Léon Gaumont, et a rejoint la cité en 2012.

Ecole de la Cité

L’ École de la Cité, imaginée par Luc Besson, ouvertes aux jeunes de 18 à 25 ans, et pour laquelle l’esprit créatif des candidats est le principal critère de recrutement. Elle propose deux formations : auteur/scénariste et réalisateur.

  • Visiter l’envers du décor

La Cité du cinéma dévoile une partie de ses secrets aux visiteurs qui souhaitent la découvrir à travers des visites guidées, organisées sur réservation.

Mail : visites@cultival.fr
Tél : 0825 05 44 05 (0,15€/min)
Site : www.cultival.fr

La cité accueille également des expositions temporaires autour de « phénomènes » cinématographiques. Au cours des dernières années, les amateurs ont ainsi pu s’offrir une plongée dans l’univers de Star Wars et de Harry Potter.

Le Stade de France

L’implantation du Stade de France, inauguré en 1998, a accéléré le développement économique et social de la Plaine, un quartier de la ville de Saint-Denis. C’est le premier grand chantier national associé à un tel renouveau urbain.

Vitrine architecturale et technologique, le Stade de France est devenu un élément incontournable du patrimoine de Saint-Denis, au même titre que la Basilique. Chaque année, 80 000 personnes en moyenne le visitent. Flâner sur les bords de la pelouse, découvrir les vestiaires, la tribune officielle, comprendre la construction du monument, sans oublier les anecdotes qui viennent pimenter la visite… Une façon de revivre les grands moments de la vie de cette enceinte sportive et culturelle devenue mythique. Ce nouveau temple de lumière, où les rois d’un autre temps viennent graver leur légende, est tout simplement la fierté de toute une population.

Le Stade de France a été dessiné par quatre architectes français : Michel Macary, Aymeric Zubléna, Michel Regembal et Claude Constantini. Ils ont conçu un édifice épuré où les thèmes de mouvement, de légèreté et d’universalité sont suggérés. La forme en vague de la toiture supérieure et le toit en ellipse représentent une performance architecturale et technique.
Véritable auréole flottante de 42 mètres au-dessus de la pelouse, le toit est l’un des aspects les plus remarquables de l’édifice. Sa forme en ellipse symbolise l’universalité du sport. Sa surface (6 hectares) et son poids (13 000 tonnes) constituent une prouesse technique. Il protège les 80 000 spectateurs sans couvrir l’air de jeu. La verrière teintée au centre atténue les contrastes et répartit la lumière naturelle. Elle filtre les rayonnements rouges et infrarouges mais passe les bleus et les verts nécessaires à la santé du gazon.
Le stade de France est signataire de la Charte Nationale de l’Accessibilité et de la Charte Tourisme et Handicap, label « tourisme & handicap » pour le handicap mental et le handicap moteur. Plus de mille sièges sont réservés aux fauteuils roulants et à leurs accompagnateurs, aux meilleurs emplacements du Stade.

Cliquer ici pour connaître le détail des visites

Belle visite !

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