by Valérie Desforges

#GiletsJaunes : le peuple français mécontent dans la rue, et après ?

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Le mouvement des gilets jaunes — du nom des gilets de haute visibilité de couleur jaune portés par les manifestants — est un mouvement de protestation apparu en France à la fin du mois d’. La contestation, au départ centrée sur la hausse des prix du carburant automobile (elle-même liée pour partie à l’augmentation de la taxe sur les produits pétroliers), s’élargit rapidement à la question du pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires, notamment rurales et périurbaines. Cette mobilisation, présentée par les médias comme spontanée et apolitique, exprime plusieurs revendications et s’est organisée autour d’une première manifestation nationale le  dans plus de 2000 points sur le territoire français, et se poursuit ce lundi. 

Les précédents pour mieux comprendre la situation

Une des premières manifestations connues en France, contre la taxation jugée excessive du prix de l’essence, remonte à 1933 à Lille. Ce mouvement contre l’augmentation des taxes et des impôts peut également évoquer le poujadisme des années 1950, qui mobilisait les classes moyennes et s’articulait autour d’une révolte fiscale.

Des « opérations escargot » ont également été organisées dans les années 1970. En juillet 1992, un mouvement de ce genre est mis en place pour protester contre l’instauration du permis à points.

À l’image du mouvement des Bonnets rouges, qui fut le signe de ralliement des opposants aux portiques écotaxe en 2013, le gilet de haute visibilité— dit « gilet jaune » — est utilisé comme symbole. Ce gilet, obligatoire en France dans tous les véhicules, y compris dans les véhicules à deux ou trois roues à moteur ou quadricycles à moteur non carrossés, est dans ce cas placé sur le tableau de bord ou sur la plage arrière afin d’être visible de l’extérieur du véhicule.

Toutefois, selon Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote, comparer le mouvement des gilets jaunes avec celui des Bonnets rouges est peu pertinent dans la mesure où ce dernier « avait été pris en main par des vrais leaders, comme le maire de Carhaix, ou les grands patrons de Bretagne. Ça n’est pas le cas pour les Gilets jaunes. »

Le contexte

C’est une simple pétition organisée par une commerçante de Seine-et-Marne, Priscillia Ludosky, relayée ensuite par Éric Drouet, un chauffeur routier domicilié dans le même département, tous les deux atterrés par le montant des taxes sur l’essence, qui est à l’origine du mouvement. À la suite de la communication de leurs revendications dans la presse locale, puis nationale, leur appel est à l’origine d’un effet « boule de neige » sur les réseaux sociaux en ligne.

Considéré comme apolitique et spontané, prenant son origine dans le prix des carburants, le mouvement s’élargit rapidement au pouvoir d’achat. Le mouvement profite également de l’impopularité d’Emmanuel Macron selon les indices de popularité. Sociologiquement, les manifestants sont principalement issus des villes périphériques et de la ruralité, et représentent les classes moyennes, ouvriers, petits salariés, indépendants et retraités, se sentant méprisés par des élites urbaines déconnectées des territoires.

Sa spontanéité, l’absence d’encadrement partisan, de structure et de revendications claires ont fait que le mouvement, en grande partie provincial et rural, a été analysé comme une jacquerie postmoderne, c’est-à-dire un mouvement de colère populaire dû à une fiscalité jugée injuste ou mal répartie.

Les prix des carburants

La protestation débute à la fin du mois d’octobre 2018 avec une pétition en ligne. Celle-ci s’insurge alors contre une hausse jugée excessive des prix des carburants à la pompe sur douze mois, et affirme que cette hausse serait due à l’augmentation des taxes.

Selon l’Union française des industries pétrolières, le prix du litre de sans plomb 95 (SP95-E10) et de gazole a bien augmenté : respectivement de +14 % et de +22 % entre octobre 2017 et octobre 2018. Cependant, cette hausse est aux deux tiers imputable à l’augmentation du cours mondial du pétrole ; seul un tiers de la hausse des prix provient d’une augmentation fiscale.

Les taxes perçues sur la vente de carburant sont :

  • la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), calculée au prorata des volumes vendus. Son montant est donc indépendant du prix du pétrole. La TICPE inclut depuis 2014 une composante carbone, dont le montant augmente chaque année et dont l’objectif est d’envoyer un signal-prix pour faire baisser progressivement la consommation d’énergies fossiles. La TICPE du gazole augmente également chaque année dans le but de rapprocher sa fiscalité de celle de l’essence ;
  • la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), calculée sur la somme du prix hors taxes et du montant de la TICPE. Son taux est stable à 20 % depuis 2014, après avoir été à 19,6 % entre 2000 et 2014.

Les protestataires reprochent au second gouvernement d’Édouard Philippe de ne pas infléchir la trajectoire d’augmentation de la taxe carbone prévue dans le projet de loi de finances 2018 pour la période 2018-2022, afin d’amoindrir l’effet de la forte augmentation du prix du pétrole.

La semaine précédant le 17 novembre, le prix de l’essence sans plomb a baissé de 0,05 € et le prix du diesel a baissé de 0,03 €/l, en raison des fluctuations du prix du baril de Brent.

Ce mouvement protestataire à l’égard du prix des carburants concerne essentiellement des particuliers, car un certain nombre de professions et d’activités bénéficient d’exonérations partielles ou totales de la TICPE.

La hausse du prix des carburants hors taxe tend à accroître les recettes de la TVA perçue sur ce produit, alors que les recettes de la TICPE sont déjà incluses dans ce prix.

Le gouvernement d’Édouard Philippe a décidé de l’augmentation progressive de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques jusqu’en 2022.

Et après ? 

Le mouvement n’étant ni structuré, ni centralisé, des revendications diverses sont évoquées. Selon des manifestants, les revendications ne concernent pas uniquement le prix des carburants, mais aussi le prix des péages, du contrôle technique des véhicules, des mesures défavorables aux automobilistes, et parfois la CSG, les retraites, l’éducation et la dangerosité des onze vaccins obligatoires.

Pour Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop, « le mouvement des Gilets jaunes est la cristallisation d’un mécontentement massif des Français sur le pouvoir d’achat, dont le révélateur est le carburant ».

… Ce mouvement populaire pourra t’il convaincre le Président Emmanuel Macron et son gouvernement de revenir sur leurs décisions ? L’avenir nous le dira. Ce qui est certain, c’est que ce mouvement doit rester apolitique afin de conserver toute sa crédibilité. Cela ne va pas être simple. Mais dans la vie, rien n’est impossible. L’essentiel étant que la France conserve le cap tant sur le plan économique et social !

Source : inspirée de Wikipedia

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