by Valérie Desforges

Festival de Cannes 2020 – Retour sur des BO cultes !

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Cette année, le Festival de Cannes ne rayonnera pas sur la célèbre croisette. Pour autant, cela ne nous empêche pas de partager ensemble un retour sur des BO cultes !
Miss Konfidentielle vous invite à la détente en revivant des moments inoubliables.

  • Marcel Camus Orfeu negro, Palme d’or 1959, musique Antonio Carlos Jobim et Luiz Bonfá

A Felicidade, O Nosso amor, Manha de Carnaval, Samba de Orfeu… ces mélodies inoubliables ont contribué à faire connaître en Europe le répertoire d’une bossa nova émergente. Présenté au Festival de Cannes dans une version en portugais non sous-titrée, Orfeu negro, adapté d’une pièce écrite par le poète et chanteur brésilien Vinicius de Moraes, revisite le mythe grec d’Orphée et d’Eurydice. Le choix politique de Marcel Camus de faire appel à des acteurs noirs totalement inconnus à l’époque séduit l’intelligentsia européenne anticolonialiste. Une esthétique d’une grande sensualité associée à l’exotisme de la baie de Rio de Janeiro et de son célèbre carnaval achèvent de susciter l’enthousiasme quasi-unanime de la critique. Mais c’est surtout la bande-son, composée par Antonio Carlos Jobim et Luiz Bonfá et qui mêle bossa, airs de frevo et de samba et traditionnels afro-brésiliens, qui a sans doute été le meilleur atout de cet Orfeu Negro qui remporte la Palme d’or en 1959, devant Hiroshima mon amour d’Alain Resnais ou Nazarin de Luis Buñuel.

  • Jacques Demy Les Parapluies de Cherbourg, Palme d’or 1964, musique de Michel Legrand

Nous aurons des enfants… J’appellerai ma fille Françoise… Et si c’est un garçon ? Nous vendrons des parapluies… Nous achèterons une station-service… toute blanche…” chantent Geneviève et Guy, les amoureux des Parapluies de Cherbourg. Depuis leur première collaboration pour Lola en 1961, Jacques Demy et le compositeur Michel Legrand sont inséparables. Mais c’est l’aventure des Parapluies de Cherbourg qui va les lier durablement. “Nous avons essayé mille méthodes de travail, nous avons écouté toutes sortes de disques, de la polyphonie à la musique atonale en passant Mozart et Bach, nous avons cherché et vécu en très étroite association jusqu’à ce que, tout d’un coup, les paroles se fondent dans la musique” expliquait le réalisateur. Un travail intense, huit mois durant, pour une aventure semée d’embûches, tant, à l’époque, aucun producteur ni distributeur ne voulait d’un film entièrement chanté, comme un opéra, qui tranchait avec l’air du temps, en particulier avec le cinéma de la Nouvelle vague. Le 14 mai 1964 pourtant, le Festival de Cannes vient couronner d’une Palme d’or Les Parapluies de Cherbourg.

Dans cet entretien de 2014, Michel Legrand confiait à Alain Kruger ses souvenirs de la composition de la musique des Parapluies.

  • Claude Lelouch, Un homme et une femme, Palme d’or 1966, musique de Francis Lai

La plage de Deauville, un homme qui court à la rencontre d’une femme, les visages de Jean-Louis Trintignant et d’Anouk Aimée sur l’air inoubliable de chabadabada… C’est Francis Lai, compagnon de route de Claude Lelouch pour lequel il a composé la musique de 33 films, qui est l’auteur de cet air influencé par la bossa nova. Une mélodie entêtante qui restera comme l’une des grandes réussites du film, au point de faire entrer l’expression “chabadabada” dans le langage courant, alors même que Nicole Croisille, qui interprète la mélodie, prononce en réalité “toi-ba-da-ba-da…”

  • Carlos Saura, Cria Cuervos, Grand Prix Spécial du Jury 1976

Film éminemment politique sur la fin du franquisme en Espagne, Cria Cuervos se déroule dans le monde clos d’une vieille maison bourgeoise dans laquelle trois jeunes sœurs sont confrontées au cours d’un été à un drame familial. Le film met en scène en particulier les difficultés d’Ana, enfant rêveuse et solitaire, profondément marquée par la disparition prématurée de sa mère, à vivre dans l’univers étriqué des adultes. “Nous sommes en train de vivre une période de démolition, d’où surgira autre chose. Cria Cuervos traite de ce processus de destruction et de mort” disait Carlos Saura en recevant son Prix à Cannes. Thème principal du film, incarnant de façon poignante et nostalgique les motifs de l’absence et de l’abandon, la chanson Porque te vas composée par José Luis Perales et interprétée par Jeanette, est devenue le tube de l’été 1976 et rencontrera un énorme succès international, faisant l’objet de multiples reprises depuis plus de quarante ans.

Dans les “Mardis du cinéma”, Jacques Munier proposait, en janvier 1985, un retour sur l’œuvre de Carlos Saura grâce à une sélection d’entretiens, d’extraits de films, de musiques, d’archives et de lectures.

  • Bob Fosse, All that jazz, Palme d’or en 1980, musique de Ralph Burns

Palme d’or en 1980, All That Jazz (Que le spectacle commence !) tire son titre d’une chanson de la comédie musicale Chicago montée par Bob Fosse à Broadway en 1975. Le film met en scène la courte vie de Joe Gideon, chorégraphe survolté dopé aux amphétamines – dont chaque prise est rythmée par le 1er mouvement du Concerto grosso alla rustica de Vivaldi – foudroyé par infarctus en pleines répétitions d’une nouvelle revue. Entre numéros de danse parfaitement exécutés et dialogues avec l’ange de la Mort interprété par Jessica Lange, Bob Fosse livre, huit ans avant sa mort, une œuvre testamentaire sur l’envers du music hall, l’ambition et les problèmes de création d’un metteur en scène, sur fond de surmenage et d’autodestruction.

En 1988, l’émission “Les Géants de la comédie musicale américaine” rendait hommage à Bob Fosse dans cet épisode d’une série en cinq volets consacrée aux grands noms de la comédie musicale américaine.

  • Quentin Tarantino, Pulp Fiction, Palme d’or en 1994

Avec Pulp Fiction, polar foutraque et cocaïné à la tchatche survoltée, Quentin Tarantino marque la légende cannoise en décrochant en 1994 l’une des Palmes les plus populaires de l’histoire du festival. C’est sur l’air endiablé de You Never Can Tell de Chuck Berry que se déroule l’une des scènes d’anthologie du film, dans laquelle Mia Wallace, femme du truand Marsellus, interprétée par Uma Thurman, participe à un concours de twist avec son garde du corps Vincent Vega. Mythique, ce duel dansé a souvent été vu comme un clin d’œil à La Fièvre du samedi soir, dans lequel John Travolta exécutait déjà des prouesses chorégraphiques. Tarantino pourtant, confie avoir été davantage inspiré par Bande à part (1964) dans lequel Jean-Luc Godard filme Anna Karina et ses copains voyous en train de danser dans un café parisien.

En 2015, “Les Chemins de la philosophie” cherchaient à expliquer la fétichisation singulière dont font l’objet les films de Quentin Tarantino, et Pulp fiction en particulier…

  • Theo Angelopoulos, Le regard d’Ulysse, Palme d’or en 1998, musique d’Eleni Karaindrou

Le regard d’Ulysse raconte le voyage et la quête existentielle de A., un réalisateur grec émigré aux États-Unis, qui revient à Fiorina, sa ville natale, à l’occasion de la projection de l’un de ses films. Mais le but véritable de ce retour est de retrouver trois bobines d’un documentaire tourné au début du XXe siècle par deux frères, contemporains des Frères Lumière, Miltos et Yannakis Manakias. En huit films, du Voyage à Cythère en 1983 à La poussière du temps (2008), les compositions d’Eleni Karaindrou sont devenues indissociables du cinéma de Theo Angelopoulos. En 2018, la compositrice grecque revenait au micro de Marie Richeux sur ce que le cinéaste lui avait demandé d’exprimer par la musique dans Le regard d’Ulysse, l’idée d’un regard vierge, plein d’innocence… un premier regard posé sur le monde en somme…

Bien sûr il y a d’autres BO cultes ! Bon week-end de l’Ascension à tous.

Source : inspirée de France Culture

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