by Valérie Desforges

Interview de Hélène Halter, Cheffe du bureau de coordination stratégique à la 
DCPJ – Direction Centrale de la Police judiciaire

Suivie d'une interview de Madame Catherine Chambon

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Miss Konfidentielle est ravie de mettre en lumière le parcours de Hélène Halter, Cheffe du bureau de coordination stratégique à la DCPJ aux côtés de Madame Catherine Chambon, ainsi que son retour d’expérience au FIC 2020. Une rencontre sympathique et des échanges toujours constructifs.

Bonjour Hélène, avant d’aborder l’actualité cyber et le FIC, commençons par vous découvrir. Parlez-nous de votre parcours.

Avec plaisir ! Fière de mes origines, j’aime mettre l’accent sur l’Alsace, région contrastée et attachante où j’ai eu le bonheur de grandir avant de profiter de la vie étudiante à Lyon.
C’est dans cette ville toute aussi séduisante que j’ai petit à petit construit mon projet professionnel en intégrant l’Institut d’Études Politiques puis l’Institut Régional d’Administration. Je suis donc entrée dans la vie active en tant qu’attachée d’administration de l’État au sein du ministère de l’Intérieur après un parcours que je qualifie de classique, mais qui a pris une tournure inattendue par la suite.

Ainsi, ma première affectation, un peu éloignée du parcours type des attachés au sein du ministère, me conduit au sein d’un service déconcentré de la Police nationale, un environnement professionnel dans lequel je me suis immédiatement reconnue et épanouie. Un véritable coup de cœur !

Très concrètement, j’ai occupé le poste d’adjointe au chef du bureau de gestion opérationnelle de 2010 à 2013, puis de cheffe de ce même bureau jusqu’en 2015. C’est un service de soutien en matière de ressources humaines, budgétaires, matérielles et logistiques de la direction de sécurité de proximité des Hauts-de-Seine. J’avais en effet besoin de me mettre au service de problématiques concrètes, d’être en lien étroit avec le terrain, ce que me permettait ce poste à responsabilité dont l’objectif était d’assurer un soutien efficace des services de sécurité publique du département. J’ai d’ailleurs été particulièrement touchée par le parcours meurtrier des terroristes de Charlie Hebdo qui est passé en 2015 par notre département. L’attentat a marqué durement l’activité du service et cette expérience a conforté et renforcé mon sentiment d’appartenance à la Police nationale.

Après cinq années sur ce territoire, j’ai tenu à diversifier mon parcours et à aborder les ressources humaines dans leur versant stratégique et national. J’ai donc rejoint la Direction des Ressources Humaines du ministère, en particulier une mission nouvellement créée et en charge du pilotage stratégique des ressources humaines pour l’ensemble de ses composantes. Adjointe à la cheffe de cette mission, mon objectif était de développer des projets transversaux sensibles comme la politique d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ou l’accompagnement RH des réformes en lien avec la Police et la Gendarmerie Nationales, mais également en lien avec d’autres ministères.

Etre attaché d’administration nous permet d’exercer sans cesse des métiers différents, dans des ministères et environnements professionnels extrêmement variés. Mon goût pour la RH et la gestion de projet m’a par la suite naturellement dirigée vers le poste que j’occupe actuellement. J’ai retrouvé la Police nationale, mais ai découvert la Police judiciaire et un milieu particulièrement innovant et moderne, celui de la lutte contre la cybercriminalité.

Depuis 2017, vous êtes Cheffe du bureau de coordination stratégique à la DCPJ. Pouvez-vous nous éclairer ?

Bien sûr, c’est un bureau atypique encore une fois, mais dont l’objectif est de répondre aux besoins transversaux de la sous-direction de la lutte contre la cybercriminalité. Le bureau est donc chargé des moyens mis à disposition de celle-ci : humains, matériels, logistiques et budgétaires, mais il assure également le pilotage de son activité, le suivi des financements extérieurs et du budget « cyber » de l’ensemble de la Police nationale. Il constitue finalement la colonne vertébrale du service, point de coordination de la gestion des moyens indis- pensables à l’activité opérationnelle, stratégique et technique.

Les ressources humaines restent donc au cœur de mon activité et j’ai à ce titre rejoint l’équipe pédagogique de l’IRA de Lille, en coordonnant le module RH de l’IRA et en intervenant en tant que formatrice dans le nouveau cursus des attachés d’administration.
Là encore, je suis ravie d’avoir pu conserver cette casquette, tout en investissant de nouveaux champs d’activité et en menant des projets innovants.

La communication événementielle, externe et interne de la sous-direction représente en effet un volet conséquent de notre activité et nous a permis de développer naturellement des partenariats avec le secteur privé au travers notamment de la création et du suivi du réseau des référents cybermenaces de la Police nationale. C’est un réseau innovant associant pu- blic, privé, bénévoles citoyens et réservistes spécialisés, piloté par la sous-direction et dont la mission est de sensibiliser le tissu économique local au risque cyber et le rendre de plus en plus acteur de sa propre sécurité.

Ce volet prévention de notre activité est essentiel et nous nous investissons particulièrement dans le contact avec ces partenaires et avec le grand public en développant des outils modernes et pédagogiques et en venant tout simplement à leur rencontre, comme nous le faisons traditionnellement sur le FIC en début d’année.

Les 28, 29 et 30 janvier 2020 s’est déroulé le Forum International de la Cybersécurité à Lille. La Police Nationale était exposant et vous étiez présente. Quel est votre retour d’expérience ? Et vos projets pour 2020 ?

L’édition 2020 du FIC s’est déroulée sur trois jours, un format nouveau donc, qui laissait la place à des contacts privilégiés avec les professionnels. Notre objectif est double : venir à la rencontre du grand public pour le sensibiliser aux risques cyber et mettre en valeur l’expertise et les projets de la police judiciaire. Nous sommes donc très investis dans les conférences, dans les relations avec la presse et dans l’accueil des délégations étrangères qui souhaitent mieux connaître notre modèle, unique en son genre.

Ce contact avec la population et les professionnels est indispensable et constitue une véri- table opportunité pour nous de délivrer un message concret, pédagogique. C’est dans cette optique que nous avons construit des tutoriels animés, vidéos, présentant les vecteurs classiques d’attaques informatiques : wifi, clé usb, phishing… Ces tutoriels sont issus des tendances que nous observons dans les services de police judiciaire et qui touchent au quotidien les citoyens, nous avons donc naturellement rencontré un vif succès sur le salon grâce à ce format moderne et aux conseils qui les accompagnent. C’est une ligne de communication que nous allons investir plus encore en 2020.

En quelques mots, quels sont les objectifs 2020 de votre service à la DCPJ ?

Deux projets me tiennent à cœur pour cette année.
Au sein de la Police nationale, nous allons investir dans la structuration et l’animation de notre communauté numérique policière, composée d’experts de différents niveaux répartis sur l’ensemble du territoire, en construisant une identité commune, en développant les outils et perspectives que nous pouvons leur offrir et en engageant de nouvelles formes d’échanges directs et de retours d’expérience, sous forme de séminaires notamment.

En matière de prévention par ailleurs, c’est notre réseau de référents cybermenaces qui est au coeur de notre action en 2020. Situé au plus près de leur cible, les PME et TPE, nos référents, policiers et réservistes citoyens, multiplient les actions de sensibilisation et de communication sur les risques en cas d’escroquerie ou d’attaque informatique, les fragilités des systèmes d’information ou encore les évolutions législatives à prendre en compte. Notre souhait est d’élargir les territoires d’action de notre réseau et de créer des outils modernes et pédagogiques pour toucher le plus d’acteurs du tissu économique français.

De beaux projets ! Et du côté de votre vie personnelle. Quels sont vos loisirs ?

Je souffre d’une soif inextinguible de découvertes dont la conséquence est d’être fréquem- ment dans un avion, un train, une voiture….Vivre dans d’autres pays, notamment l’Autriche les Etats-Unis et le Vietnam durant mes études, a attisé ma curiosité et a fait germer un attrait pour le croisement des cultures, les découvertes, les approches humaines. J’ai réellement besoin d’être en mouvement et d’être confrontée à d’autres modes de vie, coutumes et philosophies. Après avoir largement baroudé en Asie, aux Etats-Unis, j’ai découvert récemment le Kirghizistan, une expérience inoubliable.

J’ai également beaucoup aimé pratiquer le krav Maga, qui exige une véritable concentration dans ses mouvements techniques et une vraie libération d’énergie dans l’exercice. Mais je me concentre désormais sur la natation et la gym Tao, plus en adéquation avec ma grossesse. Cette future maternité ouvre la voie d’une nouvelle aventure pour moi !

Félicitations Hélène pour cette merveilleuse nouvelle.


Question à Mme Catherine Chambon, sous-directrice de la lutte contre la cybercrimi- nalité à la DCPJ : quel est votre retour sur le FIC et sur les perspectives « cyber » 2020 ?

La sous-direction de la lutte contre la cybercriminalité est très engagée en matière de prévention. Sensibiliser le public et le tissu économique local est une priorité, nous sommes témoins quotidiennement des capacités d’évolution des cybercriminels qui investissent sans cesse de nouveaux champs, de nouveaux modes opératoires, menacent et fragilisent notre tissu économique et nos concitoyens.

Le FIC constitue donc une opportunité supplémentaire pour la Police nationale d’entrer en contact avec le public, d’évoquer les belles affaires que nous réalisons et l’expertise que nous développons au sein des services.
Nous associons également nos partenaires et réservistes sur de tels événements puisque les partenariats constituent une richesse indispensable pour faire évoluer notre action en matière de veille et d’anticipation des cyberattaques.

L’année 2019 a été marquée par des enquêtes complexes réussies, notamment l’arrestation de cybercriminels ayant largement touché les français via une campagne de chantage appelée « cryptoporno ». Notre action continuera en ce sens, en particulier en matière de lutte contre les escroqueries commises sur internet grâce au projet THESEE qui sera présenté par le ministre en 2020.

Merci pour votre retour instructif Madame Chambon.
A lire : Interview de Madame Catherine Chambon, sous-directrice de la lutte contre la cybercriminalité à la DCPJ – Direction Centrale de la Police Judiciaire

Miss Konfidentielle vous souhaite à toutes deux et à toute l’équipe une pleine réussite pour vos projets 2020 !

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