Interview de Marie Lawrysz, Procureure de la République près le tribunal judiciaire de Compiègne

Le 13 avril 2022 – Quelle joie de vous présenter Marie Lawrysz, Procureure de la République près le tribunal judiciaire de Compiègne. Pleine d’énergie, engagée, spontanée et sincère, cela ne pouvait être qu’un entretien agréable et vrai. En réalité, l’interview s’est construite dans le temps, celui de mener à bien tous les sujets abordés : le métier de procureur; le retour d’expérience sur Compiègne (drogues, VIF); les messages adressés aux jeunes dans les collèges et lycées; quid des parents qui manquent bien souvent d’informations sur les volets stups, prostitution des mineures, harcèlement pour mieux protéger leurs enfants; quid des dossiers VIF d’hommes maltraités. Nous découvrirons son parcours professionnel et une partie de sa vie personnelle. De belles personnes sont saluées. Laissez-vous embarquer !

Bonjour Marie, depuis le 1er septembre 2020,
vous êtes Procureure de la République
près le tribunal judiciaire de Compiègne.

  • Quel est le métier de Procureur ?

Le procureur est avant tout un magistrat. Il fait partie du même corps que ses collègues, juges (même recrutement, même formation à l’ENM, même serment, mêmes droits et obligations). Mais en tant que magistrat du parquet, le procureur de la République n’est pas une autorité de jugement. Il est une autorité de poursuite, chargée de l’action publique, c’est-à-dire qu’il apprécie si, à l’issue d’une enquête par exemple, l’auteur d’une infraction doit être jugé devant le tribunal, ou s’il convient de privilégier une autre réponse ou de classer sans suite la procédure, car finalement, l’infraction reprochée n’apparait pas caractérisée.

Le procureur de la République, a pour mission la défense de l’intérêt public devant toutes les juridictions de l’ordre judiciaire. Il a donc des missions dans de nombreux domaines, lesquels relèvent du pénal, du civil (adoption, changement de nom…), du commercial (liquidation judiciaire d’une société). Il endosse également des missions administratives (contrôle des établissements pénitentiaires, surveillance des officiers publics ministériels comme les notaires ou les huissiers…).

Le procureur a une double casquette que l’on peut résumer ainsi :

1/ La casquette de la répression, de l’action publique, qui est la mieux connue.

Le procureur de la République est directeur de l’enquête : Il va donner des instructions aux policiers et aux gendarmes pour que des actes d’enquête soient réalisés afin d’établir la vérité. Et en tant que garant des libertés, le procureur de la République veille à ce que ces actes d’enquête soient conformes à la loi, que les droits des personnes mises en cause et ceux des victimes soient respectés. Puis il décide des suites qu’il donnera à l’issue de cette enquête pénale. S’il décide de poursuivre l’auteur du délit ou du crime devant le tribunal correctionnel ou la cour d’assises, le procureur prend alors la parole pour « asseoir l’accusation ». Il prend des réquisitions au nom de la société, et propose une peine au tribunal ou à la cour.
Et enfin, il s’assure par la suite que les peines prononcées sont exécutées.

2/ La seconde casquette que l’on connait moins est celle de la prévention :

Le procureur de la République conduit une politique pénale qui ne doit pas être déconnectée des autres politiques publiques et qui doit tenir compte des particularités locales. Le procureur de la République doit donc entretenir des relations régulières avec l’autorité préfectorale, les élus locaux, les chefs d’établissements, les responsables de centres hospitaliers, les associations…Dans le cadre d’instances dédiées, le procureur de la République échange avec tous les partenaires de la juridiction. On pense par exemple au CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance) qui est présidée par le Maire de la commune (ou son représentant) et qui réunit tous les acteurs concernés par la sécurité, la tranquillité de la commune. Peuvent ainsi être abordées, des situations individuelles ou des questions liées à des phénomènes de délinquance récurrents ou à l’apparition d’une nouvelle forme de délinquance dans un quartier. Des solutions pour sécuriser une rue, un ensemble d’immeubles, peuvent ainsi être discutées, qu’il s’agisse d’éclairage public, de vidéo-protection par exemple.
Le procureur a une participation active auprès des élus sur une commune, pour élaborer des stratégies afin de réduire la délinquance dans un quartier.

Autre aspect également du rôle du procureur de la République en matière de prévention de la délinquance. Il peut être à l’initiative ou associé à des actions de prévention spécifiques, par exemple, avec les chefs d’établissements scolaires, sur des sujets comme les violences intrafamiliales, l’usage des stupéfiants ou le harcèlement. Ainsi, en lien avec le procureur de la République, la police ou la gendarmerie et le barreau, des interventions peuvent être organisées dans des classes de collèges ou Lycées. Autre exemple, le procureur de la République peut également participer à des réunions de quartier organisées par les maires et profiter de telles rencontres pour passer des messages de prévention sur une problématique spécifique à un lieu, un secteur.

Le procureur se nourrit de tous ses partenaires de terrain afin de décliner une politique pénale au plus proche des réalités locales.

Et cette politique pénale peut ainsi comprendre quelques différences notamment stratégiques, selon qu’elle touche par exemple, une zone urbaine, une zone rurale, un quartier sensible.

En somme, le procureur de la République est en rapport avec tous les acteurs de la vie sociale.

Enfin, un procureur c’est aussi un chef de juridiction avec le président ou la présidente du tribunal. Le parquet c’est avant tout une équipe. Et le procureur, en tant que chef d’équipe, doit savoir fédérer, conseiller, écouter, diriger avec bienveillance, veiller au respect d’une solidarité.

J’ai conscience d’avoir la chance d’être à la tête d’une formidable équipe au tribunal judiciaire de Compiègne. Mes trois collègues substituts, Marion LUNA, Audrey SENEGAS et Antoine PERRIN sont parfaits, professionnellement et humainement, sachant que j’ai un petit parquet. A Evry, ils sont une vingtaine.

Equipe (Marion Luna, Audrey Senegas, Antoine Perrin) de Marie Lawrysz, Procureure de la République près le tribunal judiciaire de Compiègne © Marie Lawrysz
  • Quel est votre retour d’expérience depuis votre prise de fonction ?

J’ai débuté en pleine période de Covid-19.
J’ai noté une activité qui a augmenté en pénal, notamment sur les VIF, les trafics de stupéfiants et les atteintes à l’autorité.

Depuis 18 mois que je suis procureure, je constate que la collaboration avec la police nationale et la gendarmerie nationale fonctionne très bien.

Peut-être est-ce lié aux personnalités du commissaire Pierryck BOULET et du commandant de compagnie François PAREZYS, mais je suis heureuse d’observer sur mon ressort, cette union entre les deux forces de sécurité intérieure.
Tout est partie d’une affaire qui illustre la spécificité de Compiègne : l’importance des trafics d’héroïne et de crack. En lien avec le parquet, police et gendarmerie ont œuvré de concert. Le commissariat a ainsi utilisé des outils de l’IRCGN, l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale, pour la première fois en France, la sécurité publique a eu recours à un outil développe par le PJGN, pour parvenir à interpeller des trafiquants. A Compiègne, police et gendarmerie travaillent de manière concertée, ce qui est assez rare, c’est un luxe pour une procureure.

Afin de renforcer cette collaboration, et de favoriser une formation commune, police, gendarmerie, magistrats du parquet et magistrats du siège, le parquet de Compiègne a organisé avec le soutien de la MILDECA, et de la mairie de Compiègne, une journée consacrée aux usages et aux trafics de stupéfiants dans les Hauts-de-France. Le Docteur Etienne POT, spécialisé en addictologie, l’OFDT, l’OFAST et l’IRCGN, nous ont fait l’honneur d’intervenir. Nicolas PRISSE, président de la MILDECA a même ouvert cette journée ! Nous avons pu bénéficier de présentations notamment sur des techniques d’enquête innovantes, sur les PMC, les objets connectés par exemple. C’était le 10 décembre 2021, le thème était “Crack et héroïne : mieux connaître pour mieux lutter”.

Depuis le 1er janvier 2022, les violences conjugales sont devenues ma priorité car les dossiers sont de plus en plus nombreux. Et ce contentieux de masse, demeure complexe.
La permanence du parquet (24h/24h) est mobilisée à hauteur de 30% par des dossiers VIF (violences intrafamiliales) avec un volet victime qui mérite toute notre attention. Nous expérimentons de nouvelles façons de travailler avec les deux juristes de l’association France Victimes. La parole des victimes se libère bien plus depuis le Grenelle contre les violences conjugales du 3 septembre 2019, s’appuyant sur 11 groupes de travail thématiques et donnant lieu à 46 mesures. L’entourage est plus attentif aussi aujourd’hui. J’ai eu deux dossiers de VIF initiés par des employeurs. Des voisins, des amis de victimes commencent à alerter de plus en plus. Il y a encore du travail de sensibilisation à réaliser. La lutte contre les violences intrafamiliales est de la responsabilité de tous.

Comme vous pouvez le deviner le métier de procureur est passionnant, car au-delà du volet technique lié à la maîtrise du droit, il est humain, il est ouvert, il est au cœur de la société, il est en relation avec de nombreux acteurs au sein de la juridiction ainsi qu’à l’extérieur, et touche à de nombreux domaines.
J’ai une chance énorme de pouvoir occuper un tel poste. Je voulais profiter de l’occasion pour mettre un coup de projecteur sur ce métier qui devient rapidement une passion, pour encourager certains collègues, notamment les femmes, à ne pas hésiter à prétendre un jour à devenir procureur de la République.
Je voudrais également mettre en avant l’intérêt des petites juridictions, à taille humaine, où les liens se tissent plus facilement, au sein desquelles les projets se concrétisent plus rapidement, et les difficultés sont plus aisément résolues. A l’heure de la justice de proximité, les tribunaux comme ceux de Compiègne sont essentiels. Je pense que les projets qui ont pu exister à certaines époques visant à supprimer les petites juridictions sont une erreur. Il est essentiel de maintenir la proximité avec les justiciables alors même que tous les pans de la vie sont désormais judiciarisés. Il faut préserver l’humanité de la justice, dans toutes ses dimensions, même immobilière.

  • Quels sont les principaux messages que vous adressez aux jeunes dans les collèges et lycées ?

Le barreau de Compiègne organise en partenariat avec le parquet, la police et la gendarmerie des interventions au sein de collèges sur le thème de l’usage des drogues. Mes collègues et moi allons ainsi pouvoir échanger avec des élèves (l’objectif étant de nous adresser à 1 000 jeunes) sur l’aspect pénal, social, et sanitaire de l’usage de toutes les drogues (car sur le ressort de Compiègne, elles sont toutes présentes). Maître Gwenaëlle VAUTRIN organise ainsi plusieurs journées au sein de nombreux collèges de mai à fin juin 2022. Pour l’heure, j’ai déjà pu mesurer la difficulté de trouver les bons mots, le message adapté, pour ne pas tomber dans un discours caricatural auprès d’adolescents. Le discours doit je pense intégrer les enjeux liés à l’usage de drogue et à l’appartenance au groupe.

  • Qu’en est-il des parents qui manquent bien souvent d’informations sur les volets stups, prostitution des mineures, harcèlement pour mieux protéger leurs enfants ?

De telles actions de prévention peuvent s’inscrire pour le procureur dans le cadre de rencontres qui sont le plus souvent initiées par le Maire d’une commune. Le maire de Compiègne organise régulièrement des réunions de quartier et j’essaie d’y participer dès que je peux.

Pour l’instant, j’ai eu l’occasion de présenter l’action du parquet, de l’association France Victimes, du tribunal judiciaire de Compiègne en matière de lutte contre les VIF, mais d’autres sujets devront être abordés. De telles rencontres devraient être plus nombreuses. Le projet pour 2022 visait les établissements scolaires mais nous réfléchirons dès septembre prochain, à d’autres cadres d’intervention. Le message est néanmoins souvent identique : dès les premiers signaux, dès les premières inquiétudes en tant que parents : signalez, notamment auprès de l’établissement scolaire, auprès de la police, de la gendarmerie !

  • Recevez-vous des dossiers VIF d’hommes maltraités ? Sachant que le pourcentage national est de 20% des cas, ce qui n’est pas négligeable. Mais on en parle peu.

Je me souviens de mon premier dossier de VIF touchant un homme. J’étais au parquet de Paris. J’ai encore en mémoire son visage, sa posture. J’ai oublié celle de son épouse, prévenue. Cette affaire m’a marquée.

A Compiègne, nous avons plusieurs procédures de violences conjugales réciproques, la femme et l’homme sont alors présentés au tribunal à la fois comme prévenus et victimes.

Deux enquêtes ont mis à jour des violences conjugales exercées contre des hommes. Les investigations portaient sur les violences commises au préjudice des enfants et au fil de l’enquête, nous nous sommes rendus compte que le mari était fortement concerné, de manière habituelle. L’un d’eux a d’ailleurs sollicité un accompagnement spécifique par l’association France Victimes, en lien avec le parquet, dans le cadre d’une expérimentation portant sur un outil de protection.

Il serait intéressant de découvrir plus avant votre parcours.

  • Pourquoi la justice ?

A 12 ans, je regardais autour de moi, mes copains, les amies de ma mère, en difficulté par rapport à des divorces, des batailles pour la garde des enfants, alors que, me concernant, mes parents divorcés semblaient bien gérer et que j’évoluais dans deux familles recomposées très différentes, sans trop de problèmes. J’avais l’idée à l’époque qu’un juge des enfants avait le pouvoir de gérer de telles difficultés. Alors j’ai voulu être juge des enfants. Par la suite j’ai mieux appréhendé le rôle et les missions d’un juge des enfants, mais l’envie de devenir magistrat était déjà trop présente. Je ne peux pas vraiment l’expliquer.

  • Des formations ?

Mon bac en poche (obtenu un peu miraculeusement), je me suis inscrite à la faculté de droit à Lyon où je vivais. A la fin de ma maîtrise de droit privé, je me suis inscrite à la faculté de médecine dans le cadre d’un diplôme universitaire de criminologie clinique puis je me suis inscrite au concours de l’Ecole Nationale de la Magistrature (ENM).

  • Quels sont les marqueurs de votre parcours ?

A l’ENM j’ai découvert les fonctions du parquet. Florence POUDENS, chargée de formation m’a donné l’envie d’occuper ses fonctions. Elle m’a convaincue. Mon premier poste a été celui de substitut placé près de la cour d’appel de Paris. J’ai ainsi pu exercer les fonctions de substitut au sein des parquets de Bobigny, Créteil, Evry, Auxerre et Paris. Au bout de deux ans, j’ai été substitut au parquet de Paris. Ma Cheffe de section, Nathalie SAVI m’a accordé sa confiance. Elle m’a par la suite poussée à candidater pour un poste au sein de la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée- criminalité organisée). Jean-Claude MARIN était alors procureur de la République de Paris. Il m’a offert la chance d’intégrer cette section. J’y ai vécu des moments professionnels et humains intenses, sous la direction d’un excellent chef, Jean-Julien XAVIER-ROLAI qui est aujourd’hui un ami.

En janvier 2015, je quitte la juridiction pour l’administration centrale (la DACG-direction des affaires criminelles et des grâces). J’occupe alors les fonctions de magistrat rédacteur puis d’adjointe au chef du bureau de la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme. Les attentats ont naturellement marqué cette période, entourée de chefs et collègues brillants, qui inspirent toujours ma vie professionnelle, Olivier CHRISTEN et Damien MARTINELLI en font partie. Je sollicite souvent leur avis, leurs conseils. Un jour, Johanna GORAYEB, une collègue de la DACG m’a soufflée l’idée de candidater pour être cheffe du bureau de la police judiciaire. Elle m’a clairement encouragée dans une voie que je pensais inaccessible. A ce poste de chef de bureau, j’ai beaucoup appris sur le fonctionnement du ministère de l’intérieur, sur les nouvelles techniques d’enquête, coachée par Béatrice BOSSARD, ma sous-directrice. J’avais alors une équipe composée de femmes et d’hommes d’une intelligence fulgurante que je n’oublie pas. Caroline NISAND devient alors procureur de la République d’Evry. Elle pense à moi pour occuper le poste de secrétaire générale. Travailler pour elle était génial. Mes premières relations avec la presse débutent à ce moment-là. Et j’appréhende un peu mieux le volet « ressources humaines » au sein d’un grand parquet.

Un soir, alors que je rentre d’Evry, je reçois un appel de Grégoire DULIN, alors conseiller justice du Ministre de l’intérieur…il me demande si je serai intéressée par son poste. Je vacille. Le 16 mars 2019 j’arrive alors en pleine période des gilets jaunes, place Beauvau, au cabinet du Ministre de l’intérieur et du secrétaire d’Etat, Christophe CASTANER et Laurent NUNEZ. Les mots me manquent pour expliquer cette expérience qui ne peut être qualifiée que d’extraordinaire. J’ai énormément appris, notamment sur moi-même. J’ai travaillé avec des femmes et des hommes tout simplement incroyables aux côtés de ministres bienveillants, malgré le rythme, la pression, les coups.

A l’issue de cette période exaltante, je candidate pour le poste de procureur de la République à Compiègne. J’ai un entretien devant le CSM (Conseil supérieur de la magistrature), devant le procureur général près la cour de cassation, François MOLINS, qui préside la formation parquet. Je l’admire tellement que je ne le regarderai jamais lors de cet entretien.

L’équilibre vie professionnelle-vie personnelle est-il possible
lorsque l’on est procureure ?

Absolument.

Je fais 30 minutes de sport tous les matins avant de commencer ma journée de travail. C’est le seul moment où je suis seule avec moi-même, où je me dépense physiquement, et qui me permet de me concentrer pour la journée.

J’aime beaucoup courir, je fais mon jogging au minimum deux fois par semaine en forêt, du ski avec mes enfants dès que je peux.

La lecture, essentiellement liée à mon activité professionnelle, et des romans (La conjuration des imbéciles, par exemple de John Kennedy Toole que j’ai redécouvert)

Ma famille. J’ai la chance d’avoir un mari et des enfants qui me soutiennent dans mes missions, et je les remercie.

Je les consulte lors de prise de décision de changement de fonction, et ils m’encouragent toujours à avancer. Mon mari me dit qu’il n’y a pas de problème, que des solutions et il les trouve quand il est au pied du mur (rires).

Jamais j’aurais pensé un jour que je serais procureure. Ni même quitter Paris.
Et on est tous très contents, alors tout va bien !

Un grand remerciement Marie pour ces moments de partage. A très bientôt à Compiègne ! Probablement lors d’une réunion relative aux dangers de l’usage de produits de stupéfiants 😉


Note importante

Il est strictement interdit de copier tout ou partie du contenu sur un autre media sans autorisation préalable écrite de Valérie Desforges.

Il est strictement interdit d’utiliser une ou des photos de l’interview sans autorisation préalable écrite de Marie Lawrysz.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.