De Mogador à Essaouira : culture, religion, tourisme

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Essaouira,  jadis « Mogador », perle de sable et de pourpre posée sur la côte marocaine, est depuis sa création placée sous le signe du vent et de la lumière. D’Orson Welles à Jimi Hendrix en passant par Jean-Edern Hallier et Catherine Ringer, l’ancien port de Tombouctou a inspiré de nombreux artistes et attire désormais, touristes, surfers et véliplanchistes. 

Au 17e siècle, la ville close ouverte sur l’Océan Atlantique, abritait déjà, juifs, musulmans et chrétiens, sous la protection du sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah. Située sur un site naturel exceptionnel, Essaouira est construite sur une île qui s’est vu reliée il y a quelques siècles au littoral par les alluvionnements de l’Oued Ksob. Dès le VIIe siècle av J.C, les Phéniciens y installèrent des campements de pêcheurs. Au premier siècle avant J.C, le roi Juba II, le bâtisseur de Volubilis, développe le commerce de la pourpre. Ce colorant rouge vif était alors très prisé des Romains. Il était extrait du murex, mollusque qui se trouvait en abondance sur les îles Purpuraires en face de la cité. Les tribus berbères appelèrent ce site Amogdoul, qui vient sans doute du mot phénicien migdol signifiant « tour de garde ». Au XIVe siècle, Amogdoul devint Mogdoura pour les Portugais (qui y construisirent en 1506 un port et une forteresse), puis Mogadour pour les Espagnols, nom que la ville garda jusqu’à son indépendance. La citadelle elle-même fût fondée au XVIIIe siècle par le sultan Mohammed ben Abdallah. A l’époque, il était à la recherche d’un port franc pour commercer avec l’Europe et rivaliser avec Agadir. Essaouira à l’instar de Saint-Petersbourg, est une ville-pensée, jaillie des désirs du sultan et des plans de l’architecte français Théodore Cornut, alors captif aux Iles Purpuraires. Disciple de Vauban, il avait participé à la reconstruction des remparts de Saint-Malo, la cité corsaire de Bretagne. Ce dernier traça un plan d’une parfaite régularité qui donne à la médina un air différent de toutes les autres villes marocaines. A 174 km à l’ouest de Marrakech et à 406 km au sud-ouest de Casablanca, Essaouira en arabe Al-Suwayra, (la bien dessinée), allait dès lors être promise à un bel avenir.

Communauté juive

Pendant des siècles, la ville connut une formidable prospérité grâce à l’importante communauté juive. Mogador était avec Chaouen (Chefchaouen) une des rares cités du Maroc où la population juive était plus importante que la population musulmane. La suppression des taxes sur les marchandises attirait la bourgeoisie marocaine. Mais la plupart des juifs partirent aux Etats-Unis, en France et en Israël, après la proclamation de l’indépendance en 1956. Dans les années 60, Essaouira attira une partie de la communauté hippie, Jimi Hendrix y vécut cinq ans et voulut acquérir tout le secteur de Diabet, mais les autorités sous la pression de la population s’y opposèrent. La station attire désormais les véliplanchistes et les surfers. Classée depuis 2001 au patrimoine mondial de l’UNESCO la médina d’Essaouira a toujours fasciné les artistes et les intellectuels. Le style Emmanuellien de la Sqala du port et le style Vauban de la Sqala de la mer ont servi de cadre à Othello, tourné en 1950 par Orson Welles ainsi qu’à la Bataille des trois Rois, de Souheïl Ben Barka  réalisé en 1990.

De l’artisanat à l’art

Port de transit pour les marchandises, Essaouira l’est également pour la culture et l’artisanat. Il est d’ailleurs significatif que la marqueterie qui a fait la réputation de la ville, utilise une matière première venue de tous les horizons. A cet égard, le bois de thuya, n’était pas seulement incrusté d’ébène, de citron et de nacre, mais également d’os de chameaux et d’ivoire que les caravanes ramenaient d’Afrique Noire. Essaouira a longtemps également rayonné dans le domaine de la joaillerie. Au fil du temps, les bijoutiers venus de Fès et de Séfrou ont répandu des techniques et des formes propres au Moyen-Atlas. C’est aussi parce qu’elle est elle-même le décor vivant d’une belle et d’une longue histoire, que cette ville est aujourd’hui la patrie et le creuset d’une pléiade d’artistes et de peintres exceptionnels, pour la plupart locaux. Alors que le carnaval de l’Achoura qui célèbre le nouvel an musulman est un rituel lunaire, le pèlerinage circulaire des Regraga est, quant à lui, un rituel solaire, qui commence avec l’équinoxe du printemps. L’un des événements les plus marquants sur le plan culturel, est l’arrivée des Regraga à Essaouira, chaque 5 avril qui donne lieu à de grandes réjouissances à travers la ville.

Festival Gnaoua d’Essaouira

A l’opposé d’une ville musée, le troisième port sardinier du Maroc accueille également depuis près de 20 ans, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira, qui se déroule cette année du 29 juin au 1er juillet. Un événement de renommée internationale qui a accueilli en deux décennies les grands noms de la « World Music » tels que Didier Lockwood, Ayo, Ibrahim Mâalouf, Maceo Parker, Richard Bona, Titi Robin, Salif Keita ou encore la diva marocaine Rachida Talal.  Proche du blues, la musique de transe Gnaoua est traditionnellement chantée par des descendants d’esclaves originaires d’Afrique noire, notamment de l’ancien Soudan et des pays du sud du Sahara. Le mot Gnaoua proviendrait d’ailleurs du mot Guinée. Longtemps assimilés aux rites discrets et dangereux de l’exorcisme, les Gnaouas sont aujourd’hui de véritables célébrités notamment adulés par les étrangers, à l’image de Mahmoud Guinia (décédé en 2015). Musicothérapeutes, ils soignaient la maladie par les couleurs, les parfums et la transe. Tout en adoptant l’Islam, ils ont continué à célébrer les esprits africains au cours de rituels théâtralisés où ils s’adonnent à la pratique des danses de possession et à la transe. Ce rite de possession (désigné par le terme « derdeba ») qui se déroule la nuit (lila) est animé conjointement par un maître musicien (Maalem) accompagné de sa troupe,  une voyante affiliée à la confrérie des Gnaouas et ses assistantes.

Maître musicien

Durant la cérémonie, la voyante régit les accessoires et les vêtements rituels nécessaires. Le maître musicien, lui, à l’aide d’un luth-tambour (guembri) à trois cordes appelle, par l’entremise de devises chantées et en brûlant des encens, les saints et les entités surnaturelles à se présenter afin de prendre possession des adeptes. Qraqeb ( longues castagnettes en fer ), Tbal ( tambours ornés), ballets acrobatiques , les Kûyûs, accompagnent alors la transe libératrice. Au Maroc, la musique Gnaoua est maintenant aussi représentée par des groupes de femmes d’Essaouira, appelées «Mqadamate” pour le féminin de “Maalem”. Aujourd’hui encore, les Gnaouas évoquent la magie, la thérapie par la musique et l’histoire. Un peuple parmi les peuples …

Je vous invite à participer à la 20e édition du festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira qui se déroulera du 29 juin au 1er juillet 2017.


Les bonnes adresses de Miss Konfidentielle :

Sofitel Essaouira Mogador Golf & Spa
Dominant le bord de l’océan, le Sofitel Essaouira Mogador Golf & Spa est situé à quelques minutes de l’envoutante médina. Au cœur d’une nature paradisiaque, il jouit d’une vue à couper le souffle sur un littoral en grande partie sauvage et préservé. Superbe design contemporain, luxe incontestable et hospitalité authentique s’associent pour nous offrir une expérience inoubliable au royaume chérifien. Inspiré par la culture souiri, le designer français Didier Gomez signe la décoration des 147 chambres et suites et des 28 villas. Ces alcôves, véritables havres de paix, surplombent la mer, le parcours de golf, la piscine ou les somptueux jardins de l’hôtel. Couleurs intenses, sculptures, bois exotique et photographies d’art se mêlent au design contemporain du mobilier, dessinant ainsi un décor authentique marqué par l’élégance.
Sofitel Essaouira Mogador Golf & spa – domaine de Mogador – Diabat – 44000 Essaouira – Maroc
Tel +212 524 479 400 – Fax + 212 524 479 401 – www.sofitel.com

Le Golf de Mogador
Sur un domaine de 580 hectares à 3 km de la médina d’Essaouira, le Golf de Mogador traduit l’ambition de ses concepteurs d’inscrire cette ville d’art et d’histoire parmi les destinations golfiques de référence. Les deux parcours de 18 trous dessinés par Gary Player offrent au joueur, membre ou visiteur, amateur ou professionnel, une expérience rare au contact des dunes, de la forêt et de l’Atlantique. Le Golf de Mogador, c’est aussi la conviction de devoir intégrer les parcours à leur environnement et de préserver ainsi les ressources naturelles rares. Les eaux d’arrosage sont issues de Jardins Filtrants®, solution écologique de traitement des eaux usées par voie lagunaire. Membre de la Fédération Royale Marocaine de Golf, le Golf de Mogador est ouvert aux visiteurs mais offre la possibilité à un nombre limité de joueurs d’en devenir membre. Les départs peuvent être réservés directement auprès de l’accueil ou à travers les hôtels de la ville et du domaine. Un service de navette est également à la disposition des joueurs.
Essaouira, Maroc – Tél. : +212 524 47 92 33 – www.golf-mogador-essaouira.com

Je vous souhaite un bon séjour, en famille, en amoureux ou entre amis.

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