by Valérie Desforges

Photograph : une belle histoire d’amour à la Berlinale

#Berlinale2019 #Berlin #Cinema

0

Voici un film digne de la Saint-Valentin. Présenté à la Berlinale il y a quelques jours, Photograph, 2e film de Ritesh Batra est l’histoire d’une rencontre se déroulant de nos jours, à Mumbai, en Inde. Le sujet est romantique à souhait : un photographe de rue, Rafi, rencontre par hasard une jeune et jolie étudiante qui n’est pas du même milieu social que lui mais qui accepte d’être prise en photo avant de s’enfuir sans payer. Tombé instantanément amoureux d’elle, Rafi, sommé par sa grand-mère de prendre une épouse, envoie à cette dernière une photographie de la belle inconnue, affirmant qu’il va l’épouser. Ravie, sa grand-mère arrive en ville pour l’aider à préparer son mariage. Pour ne pas lui faire de la peine, Rafi n’a donc d’autre choix que de retrouver la jeune fille…

Un scénario riche en rebondissements

Une rencontre fortuite, un mensonge pour protéger le moral d’une vieille dame, des qui-propos nés de différences sociales et culturelles, beaucoup de tendresse et des personnages attachants déchirés entre leur appartenance à une caste et leurs projets de vie : autant d’ingrédients qui font de Photograph un très beau film qui tient en haleine du début à la fin.

Cette bienveillance qui émane du film, le réalisateur la mâtine d’humour. Ainsi il n’hésite pas à introduire une note de fantastique, au sein du récit : c’est pourquoi même le « fantôme » de la maison à un avis sur la vie amoureuse de Rafi et se permet de lui donner des conseils. 

La légitimité des castes interrogée

L’intérêt du film repose aussi sur notre désir d’un happy end tellement les personnages sont attachants, sans savoir si ce vœu sera exaucé. Ritesh Batra nous offre en effet une romance douce-amère. Comme il l’a expliqué à la Berlinale, en choisissant que ses personnages appartiennent à deux castes inconciliables, il a souhaité questionner la stratification sociale indienne à travers cette idylle. 

Malgré ce parti-pris, il dessine cependant un portrait sensible de cette société indienne actuelle, démontrant comment elle est prise en étau entre tradition et progrès. 

Comme on le sait depuis Roméo et Juliette, rien de tel que des interdits pour rapprocher ceux qui s’aiment et entrainer l’adhésion du public à leur cause. On sait cependant gré à Ritesh Batra d’avoir rajouté à cette efficacité narrative, de la sincérité, de l’émotion… de l’amour tout simplement.

Photograph de Ritesh Batra, 110minutes, avec Geetanjali Kulkarni, Vijay Raaz et Jim Sarbh. Présenté au sein de la sélection « Berlinale Spécial ».


Photograph
Berlinale Special 2019 – IND/DEU/USA 2019 by: Ritesh Batra Nawazuddin Siddiqui
© Joe D’Souza / 2018 Tiwari’s Ghost, LLC. All Rights Reserved

Photograph duo
Berlinale Special 2019 – IND/DEU/USA 2019 by: Ritesh Batra Sanya Malhotra, Nawazuddin Siddiqui
© Joe D’Souza / 2018 Tiwari’s Ghost, LLC. All Rights Reserved

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.