by Valérie Desforges

Les films primés à la Berlinale 2019 et les sorties en salle en France

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Comme chaque année depuis 69 ans, la Berlinale a proposé des films et documentaires de qualité, émouvants, faisant réfléchir, vibrer. Fenêtres sur le monde, miroirs tendus sur les mutations de la société, relais des interrogations contemporaines. Plus que jamais ce festival est inscrit dans son époque. Rappel du palmarès avec résumés des films à l’occasion de la sortie en salles en France de certains d’entre eux.

Ours d’or

Nadav Lapid pour “Synonymes”. Ce drame, en salles le 27 mars 2019 retrace le parcours de Yoav, un jeune israélien immigré à Paris qui décide de s’intégrer coûte que coûte, au point de renier sa langue et culture d’origine. Un film passionnant, sur un anti-héros, plein d’audace et intelligent, courrez le voir dès sa sortie, il va faire du bruit.

Grand Prix du jury (Ours d’Argent) 

François Ozon pour “Grâce à Dieu” sorti en salles le 20 février 2019. Ce film dénonce le silence des autorités ecclésiastiques lyonnaises à la suite de l’affaire du Père Preynat et raconte le long combat psychologique et judiciaire des victimes et la création de leur association la Parole libérée. Incontournable, quasiment d’utilité publique, un petit bijou d’humanité et de résilience. Standings ovations à Berlin et succès en salles en France. Le réalisateur reste toujours factuel, neutre et informatif ce qui donne encore plus de poids au propos.

Ours d’argent du meilleur réalisateur

Angela Schanelec pour “Ich war zuhause, aber…”. En l’occurrence cette année prix de la meilleure réalisatrice. Ce film traite d’un sujet universel avec un traitement original : la relation parent-enfant. Astrid, mère isolée, essaie de préserver la communication au sein de la cellule familiale même si elle a bien du mal à communiquer avec ses enfants, notamment son fils adolescent qui réapparait comme si de rien n’était après une fugue d’une semaine. Cet événement engendre pour la mère de famille une remise en cause personnelle et professionnelle ainsi qu’un nouveau rapport à sa maternité. Incluant une grande dimension onirique, assez radical et vraiment féministe, la sortie de ce film en France est prévue prochainement.

Ours d’Argent de la Meilleure Actrice

Yong Mei est distinguée pour “So Long, My Son” sortie prévue en salles le 3 Juillet 2019. Fresque historique familiale et amicale s’étendant sur 30 ans, de 1980 à 2010, ce film retrace l’histoire de deux couples brisés par un drame : la perte d’un enfant. Secrets, frustrations, déceptions, trahisons…les personnages ne sont épargnés ni par la grande ni par la petite histoire. L’actrice Yong Mei interprète avec brio le personnage de Wang Liyun, une femme courageuse que rien ne peut briser.

Ours d’Argent du Meilleur Acteur

Sans surprise c’est Wang Jingchun qui remporte le trophée. Il est le partenaire de Yong Mei dans « So Long, My Son ». Récompensé pour son interprétation magistrale dans le rôle de Yaojun Liuson, père brisé à la recherche de la rédemption. « So long, My Son » est un très grand film. Tellement captivant qu’on ne voit pas le temps passer.

Ours d’argent du Meilleur scénario

Attribué à Maurizio BraucciClaudio Giovannesi et Roberto Saviano pour « La paranza dei bambini”  l’histoire d’une bande de jeunes napolitains criminels. Adapté du roman de Roberto Saviano, cette adaptation est particulièrement réussie. L’écrivain est d’ailleurs co-scénariste. On suit l’ascension dans le monde du crime d’un jeune adolescent de 15 ans que rien ne prédestinait à devenir un délinquant. La date de sortie en France est inconnue mais prochaine. Les amoureux de Gomorra et Scarface retrouveront facilement leurs marques dans ce film sans concession.

Prix Alfred Bauer

Le prix Alfred Bauer a pour vocation de récompenser un film qui ouvre de nouvelles perspectives dans l’art cinématographique ou qui propose une nouvelle esthétique. Les lauréats de cette catégorie ont proposé des films inédits, innovants et singuliers, le premier était « Mauvais Sang » de Léos Carax en 1987. Cette année la lauréate est Nora Fingscheidt pour “Systemsprenger” titre international « System Crasher ». Ce film est innovant dans le fond et la forme. On suit le parcours tourmenté de foyer en foyer de la jeune Benni, 9 ans, incontrôlable après avoir subi un traumatisme et sa rencontre compliquée avec un éducateur spécialisé.  Une relation intense se noue entre eux. Un film audacieux qui met en scène un personnage d’écorchée vive, encore au cœur de l’enfance ce qui déstabilise encore plus le spectateur. Très fort, un vrai coup de poing cinématographique. La jeune actrice est magnifique.

Ours d’Argent de la Meilleure contribution artistique

Il revient à Rasmus Videbaek pour “Ut og stjæle hester”, titre français « Out Stealing Horses ». L’histoire : Trond, un veuf de 67 ans, a choisi de vivre dans une maison reculée en forêt suite au décès de sa femme. Il rencontre fortuitement un voisin perdu de vue durant l’été 1948, période où son père et son premier amour ont disparus. Ce film norvégien est également une adaptation de roman : « Pas facile de voler des chevaux » de Hans Petter Moland, paru en 2003. L’Ours d’Argent de la meilleure contribution artistique récompense un technicien ou un aspect particulier du film. C’est au titre de son travail sur la photographie de ce film que Rasmus Videbaek a été distingué.

Mention spécial du Jury

“Sœurs Jarariju de Jorge Cadena” est un film suisse qui parle de deux sœurs de l’ethnie Wayuu, vivants au Mexique dans une région polluée par l’exploitation du charbon. Malgré cet environnement austère, elles partent à la recherche de leurs traditions, explorant les rituels ancestraux de leur peuple. Souhaitant s’ouvrir davantage au monde, à la mort de leur père, elles quittent leur territoire familier. Il s’agit d’un court-métrage de 21 minutes présenté dans la section Génération de la Berlinale. La date de sortie en France est inconnue. Génération est une section de la Berlinale qui se concentre sur la vie et le monde des enfants, adolescents et jeunes adultes au travers de films contemporains.

Ours d’Or d’honneur

Ce prix récompense une carrière brillante et il est souvent décerné à un acteur ou une actrice. Cette année c’est l’actrice Charlotte Rampling qui a été récompensée. On la verra cette année dans “Valley of Gods” de Lech Majewski (sortie prochaine), “Benedetta” de Paul Verhoeven et “Dune” de Denis Villeneuve avec Timothée Chalamet (sortie en 2020). Charlotte Rampling a une carrière d’actrice riche de 52 années. Elle continue de tourner avec les plus grands. Beaucoup d’admiration, de respect et d’émotion ont été perceptibles dans la salle quand elle est venue récupérer son trophée. 

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